‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 176 sur 194 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PKTEiNLAIR, DUROULEAU, Mitrons.

(L orclicsli't; joue l'<iir : La Buii/aiigère a dea eciit.^ l'KTENLAIR.

llluslres l)oalaii^eis, k ileur de la Villelte, Héros de nos faubourgs et guerriers en jaquelle, Vous prclez donc l'épaule à mes transports jaloux. Et, pour un coup de main, je puis compter sur vous!

DIROULEAU.

D'où vient, cher Petcnlair, une alerte aussi vive?

l'ETEXLAin.

C'est pour une beauté qu'ici l'on tient captive ! C'est pour Marie, enfin 1

DLROL'LEAU.

Oiioi ! la veuve Jobard !

338 COMÉDIES — VALDEVILLES

Qui s'en est fait conter par le tiers et le quart, Qu'un conseil do f;unill(! enfin vient d'interdire?

l'KTEXLAIR.

Ah! laissez-moi parler, j'en ai long à vous dire! Vous savez, comme moi, que l'eu Jobard premier Jadis, avec honneur, porta le tablier là gouverna longtemps, traiteur-propriétaire, L'hôtel du Léopard^ dit l'hôtel d'Angleterre. La Parque, qui confond sous ses aveugles doigts Le bonnet de coton et le bandeau des rois. Vint le saisir un jour ; il laissa ses espèces A Marie, à Reinette... elles étaient ses nièces! Mes cousines... jamais ! ! ! — le comptoir au.x écus Leur parut trop étroit pour deux... individus. On plaida ! L'une avait grâce naïve et franche, Mais sa rivale avait les juges dans sa manche ! ! ! Et Marie exilée... humble, éplucha des pois, Dans ces lieux où son oncle en vendait autrefois ! A \'hôle\d\ingle(erre étaient festins et noces, Et Marie, en sabots, végétait dans les cosses.

DLUOULEAi;.

Mais vous ne dites point qu'aisée à consoler. Marie avait souvent bien du laisser-aller ; Cependant vous savez cju'on lui fait des reproches. Vous savez...

l'ETENLAIR.

Oui, je sais qu'elle a fait des jjamboches ! Ne doit-on lien aussi permettre à la douh'ur? Et qui doit s'amuser, si ce n'est le mallieur"? Ah! sises yeux coquets, si sa beauté talale. Ont souillé quelquefois des cœurs à sa rivale, N'csl-ùUe pas, hélas! bien vexée aujourd'hui? Dieu! l'est-elle ! ! ! Reinette, en invoquant l'appui D'un conseil de famille el de mainte pistole. L'a fait, dans ce séjour, enfermer comme folle,

MARIE JOBARD 339

Et, près de ses parents, prend ce tardif moyen Pour sauver un lionneur qui ne risquait plus rien.

DUROULEAU.

Quels sont donc vos desseins? et que voulez-vous faire ?

l'ETD.NLAin.

L'enlever !... On prétend (ju'un vil apothicaire La tient en ce local dit maison de san(é, Lieu terrible aux vivants, cher à la faculté !

DLUOULEAU.

Ne nous hasardons point en de pareils bastringues ; Ces gens-l'i sont armés !

l'ETE-NLAin.

Je brave leurs seringues.

Et les défie, amis, d'éteindre mon ardeui- ! Sur mes projets, pourtant, n'ayez point de frayeur, Je conspire avec art, et je puis vous promettre Que je ne paraîtrai que pour me compromettre.

DUROLLEAU.

Et que prétendez-vous en l'enlevant ainsi ?...

PETENLAIR.

La voir, l'épouser, la... que te dirai-je? ami 1 C'est trop dialoguer; il faut, en toute hâte, Mettre les fers aux feux et la main à la pâte.

;ils sortent tous sur l'air : Mi .' c cadet-là queu piff qu'il a.

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