‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 60 sur 194 · C.LSTAVK · texte numérisé non relu

C.LSTAVK

Non ; mais nos lits sont dans la cliaml)re à cotô. Va dormir si cela te convient, et laisse-moi.

BAPTISTE

(rest (jue je n'aime pas ;\ dormir seul, je m'ennuie, et

puis, s'il arrivait quoique chose à mousieur, pcut-êlre u'entcndrais-jc pas I...

Allt : Do sommeillci" ciicor, ma (.licrc. (l'uiichan la vU-lleuse.)

Us ra'onl fait hier à l'officu Maint et maint cwnlc sépulcral.

GUSTAVE

Poltron !

BAPTISTE

Soit, je me rends jnslicc; On ne s'en porte pas plus mal.

Oui, la bravoure a mon estime, Car je suis brave par penchant; Mais je suis poltron par régime, Afm de vivre longuement.

Et dans ce pavillon isolé, au milieu d'un jardin immense...

GUSTAVE , s:ins Técouter.

Éloigne cette table.

B.\.PTISTE, lui parlant et s'appuyant sur la table.

Encore, si l'on pouvait attendre des secours du château ! Autrefois, il existait une communication qui, au moyen d'un ressort... Je ne sais p'us comment ils m'ont expliqué cela; mais on n'en a plus connaissance, et le hasard seul pourrait ]a faire retrouver. Alors vous sentez bien qu'après tout ce qu'on raconte...

GUSTAVE

Baptiste, je vais me fâcher.

BAPTISTE

Oh ! monsieur, cela me parait prouvé, car on l'a mis dans le journal du département, et avant huit jours ceux de Paris le répéteront ; j'espjre qu'alors vous ne pourrez plus en <^louler.

GUSTAVE

Eh bien ! voyons, où en veux-tu venir ?

BAPTISTE

Eh bien ! monsieur, ils disent donc que chaque nuit le

fantôme vient se reposer dans ce pavillon jusqu'au point du jour; mais qu'aux premiers rayons du soleil, crac! il a l'air de s'abîmer dans h muraille ; et hier, Thomas, le jardinier, l'a vu comme je vous vois, sinon qu'il a fermé les yeux, ce qui l'a empêché de distinguer.

GUSTAVE

Ah çà ! j'espère que tu as fini... Arrange-loi comme tu oudras : dors ou ne dors pas; mais tâche de te taire, ou demain je te chasse.

BAPTISTE, à port.

Ou demain je le chasse... (Emportant la table et la plaçant à la

gauche du spectateur.) Dieux ! quc c'cst insupportable qu'il y ait des gens qui soient les maîtres !... car sans les maîtres, il serait bien plus agréable d'être domestique.

Ain (ie Julie.

Mais j'ai fermé porte et fenêtre, Partout j'ai fermé les verrous !

S'arrnngeant dans un fauteuil (jui est à l'extrême gauche et près de la table.)

Puisqu'il me faut obéir à mon maître,

Pour lui complaire, endormons-nous.

Si je pouvais, douce métamorphose»

Imiter tant de gens de bien Qui, comme moi, s'endorment n'étant rien

El qui s'éveillent quelque chose !...

Quelque chose...

(il s'endort.)

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