‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 66 sur 194 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

FRÉDÉRIC, DORMEUIL, tenant par la main CÉCILE,.qui est en

grande parure de mariée.

FRÉDÉRIC

Allons donc, papa, allons donc.

DORMiaiL.

Ce n'est pas ma faute. Il y a une domi-heurc que j'entre chez Cécile : il faut lui rcutlrc justice, elle était déjà levée; mais elle s'était endormie sur une chaise, et il a fallu nous <lépèclier... Trois femmes de chambre... mais aussi j'espère... Ilein ! comment la trouvez-vous?

FRÉDÉRIC

Ah! que vous êtes heureux d'avoir des enfants comme

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ceux-là! Je ne parle jias de voire gcmlre ; mais •î'csl un beau rôle que celui de père : les gants blancs, l'air respectable. J'aurais aimd ;ï être pure, moi, pour marier mes enfants, pour cur dire : Soyez heureux! je vous unis. Enlin, vrai, si je n'étais pas moi, je voudrais être vous; mais on ne peut pas cumuler. Ah çà! les voitures sont-elles proies!

nonMULiL.

Pas encore.

FRÉDÉRIC

Eh bien! qu'est-ce que vous laites donc? ça vous regarde. Vous, ma clière Cécile, voulez-vous donner vos ordres pour

faire servir ici le déjeuner? (Vcrs le milieu de cette scène, entrent quelques domestiques qui rangent le paravent et ouvrent toutes les fenêtres. On aperçoit le jardin; il fait grand jour.) Moi, jC COUrS réveiller tout le monde. J'ai tant d'affaires que je ne sais en vérité... (a Cécile.) Ah ! dites-moi donc... une aventure charmante que je vais vous conter.,, non, que je vous conterai demain. Vous qui connaissez les toilettes de toutes ces dames, savez-vous à qui appartient cet élégant fichu?

CÉCILE, le regardant.

C'est à moi.

FRÉDÉRIC

Comment, c'est à vous?

CÉCILE

Oui, j'en étais même en peine. Oà donc l'avez-vous trouvé ?

FRÉDÉRIC, troublé et balbutiant.

Oïl je l'ai trouvé? Mais là-bas dans le salon; parce que peut-être ne savez-vous pas... [a part.) Parbleu! je rirais bien. Le fait est qu'il n'est pas impossible... moi surtout qui ai toujours eu du malheur...

DORMEUIL

Eh bien! venez-vous?

FRÉDÉRIC

Eh ! sans douto.

AIR : Mon ciTiir à l'espoir s'abandonne. (Caroline.)

Allons réveiller tout le inonde.

Parcourons tout du haut en bas; A ma voix il faut qu'on réponde ; Un jour de noce on ne dort pas.

(a pari.)

Examinons avec prudence; Tout voir et se taire est ma loi.

Je sviis époux; il faut, je pense, Remplir les devoirs de l'emploi.

DORMEUIL et FRÉDÉRIC.

Allons réveiller tout le monde, etc.

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