‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 68 sur 194 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

CÉCILE, FRÉDÉRIC, GUSTAVE, BAPTISTE, portant une

Talise î DORAIEUIL, qui entra un instant après. Il sont tous dans le fond.

FREDERIC, tenant Gustave par le bras.

Comment, morbleu 1 qu'est-ce que ça signifie "? tu t'en allais?

GUSTAVE

Non, mon ami... non... certainement.

FREDERIC

Et ces chevaux de poste que j'ai vus allelés? Je l'en préviens, je ne te perds pas de vue.

CÉCILE, à demi-yoii.

Gustave ! Gustave !...

FRÉDÉRIC

Qu'entends-je !

DORMEUIL, Toulaiit aller vers elle.

Ma tille !

FRÉDÉRIC, l'arrêtant.

Mais laissez donc, beau-père, ça devient au contraire fort intéressant.

GUSTAVE, s'avanjant.

Mais, mon a::n...

FRÉDÉRIC, le prenant par la main qu'il garde dans la sienne.

Silence! te dis-je, et écoutez tous!

! Ils s'arrêtent tous dans le fond, en demi-cercle, autour du fauteuil de Cécile ; et, dans ée moment, Marie et plusieurs parents se montrent au fond, mais sans oser entrer.)

CÉCILE

Il est parti!... Oh! c^ n'est plus là mon rêve!... Urne semblait entendre Frédéric; il me pardonnait, il sentait comme moi que je ne pouvais pas donner deux fois mon cueur. Et mon père... il nous menait à l'autel... Gustave était là, et il me semblait entendre une voix qui nous disait...

l'IlKDÉRIC, ([ui n'a pas quitté la main de Gustave, saisit celle de Cécile, et les joint ensemble, en s'écriant :

Mes enfants, je vous unis!

CI'^CILE, regardant autour d'elle.

Mon père!... Fiédéric !... Gustave près do moi!... \\r-

inaiil les yeux, et elo'gnont tout le monde de la niai:i.) Ail! lie m é-

\ cillez pas ! •

Non, ma chère Cécile, non, co n'est point un rêve ! J'avais juré à voire père de faire votre bonlieur; n'ai-je pas tenu mon serment? (a Uomieuii.) Vous ne m'en voulez pas, beau-pi''re, d'avoir usurpé vos fonctions ? Vous savez que j'ai toujours eu une vocation...

GUSTAVE

Ah, mon ami! comment reconnaître jamais ce généreux sacritice ?

FRÉDÉRIC

Laisse donc 1 comme si je ne savais pis ce que c'est (ju'un mariage manqué ! Et de cinq...

VAUDEVILLE

Ain du vaudeville de Gusman d'Alfaiache. DORMEUIL, à Cécile.

Malgré nouS, un destin lutélaire, Tu le vols, nous protège en secret; Par dépit, lu t'éloignais, ma clière.

D'un amant que ton cœur adorait!

Notre folie à tous est pareille ; Ce bonheur, que l'on désire tant.

Pour l'avoir, on se fatigue, on veille. Et souvent le bien vient en dormant.

GU.STAVE.

Maint seigneur que le sort favorise, El (jui brille à nos yeux éblouis.

Chaque jour voit croître, avec surprise. Ses grandeurs, ainsi que ses ennuis.

Las des soins dont son rang l'enibarrassc. Un beau soir, malheureux cl puissant, 11 s'endort et s'éveille sans place...

Quelquefois le bien vient en dormant!

BAPTISTE

Abonnés de l'Opéra-Comique, Abonnés du sublime Opéra,

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