‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 85 sur 194 · C:i te l'ail donc plaisir · texte numérisé non relu

C:i te l'ail donc plaisir

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llUltlN. •

Parhlou !... il n'y a qu'une chose qui me f.iit de la peine, c'est de ne pas l'avoir su ce matin avant mon déjeuner, ça aurait t'ait une fameuse diiïérencc.

ARUNDEL

Tu n'as donc pas mangé ?

ROBIN

Au contraire, c'est que je m'en suis donné... et qu'il faut que j'attende à ce soir pour avoir de l'appétit... Qu'est-ce que je m'en vais faire jusque-là?

ARUNDEL

Eh bien, promène-toi.

ROBIN

Le beau plaisir, me promener dans mes jardins, je les connais comme mes poches, je les ai assez ratisses.

ARUNDEL

Va dans la bibliothèque, prends un livre.

ROBIN

' Faut d'abord que j'apprenne, et je n'ai jamais eu de goût,

ARUNDEL

Tant pis.

ROBIN

Tant mieux, parce que si j'aimais à lire, je donnerais dans la lecture, et je ne peux la souffrir.

ARUNDEL

Monte à cheval.

ROBIN

Et si je tombais, moi qui ne vais qu'à âne! la santé d'un seigneur est autrement précieuse que celle d'un jardinier, je ne peux pas comme ça l'exposer.

ARUNDEL

Eh bien, va voir tes vassaux... Ne disais-tu pas ce malin que si tu étais puissant, tu serais juste, affable, généreux?

Il38 COMÉDIES — VAUDEVILLES

ROBIN

Oli! ça, c'est vrai.

AIH (lu Xoiiveau Seigneur ilc village.

De mes droits, en maître équitable, Déjà je me suis informé, J'ai seul ici 1' droit d'être aimable, J'ai r droit d'être toujours aimé ; J'ons aussi le droit de tout prendre, Enfin, jusques aii collecteur Que j'ai le droit de faire pendre :

Ah ! le joli droit du seigneur !

Et je vais commencer par en user; son affaire est bonne.

ARUXDEL.

J'en suis fâché, mais c'est impossible; ici, on est obligé de juger les gens avant de les condamner.

ROBIN

Au moins, si j'avais là quelqu'un de mes gens, nous jouerions une partie.

ARUNDEL

Fi donc ! ça ne se peut pas... et la dignité de seigneur, c^ le décorum!

ROBIN

Ça ne se peut pas, cane se peut pas... alors, qu'est-ce que je peux donc? apprenez-le-moi.

ARUNDEL

Trrs-volontiers.

AIR : On dit qu" le mariage. (LEpreut'e villageoise.)

Boire la nuit cnlicro, S'éveiller ù midi; Bâiller dans sa bergère Auprès de milady ; Briguer dans les communes L'honneur d'ctnî nonuné ; Se montrer aux tribunes, En descendre assonuné ;

Voilà quels sont d'abord

Les devoirs d'un milord.

Par le Morning-Chronicle

Ranimer sa gaîtc,

Arroser chaque article

D'une tasse de thé ;

Pour que l'on vous rcnonmie,

Aclieler du crédit

Ainsi que de l'esprit,

Et se croire un grand homme.

Quand le journal l'a dit.

Enfin, mon cher...

Devant ses Dulcinées, Boxer, fier comme un roc; Placer mille guinées Sur la tête d'un coq ; Toute la matinée Courir à New-Market, Et finir la journée D'un coup de pistolet :

Voilà quels sont encor Les plaisirs d'un milord.

ROBIN

Ah 1 que c'est ennuyeux de s'amuser comme ça !

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