SCENE IV
Les mêmes ; ARTHUR, couvert do poussière. MARIE, courniit à lui.
Milord, vous voilà enfin de retour.
ARTHUR, d'un air jdus gai.
Oui, ma chère enfant, oui, Marie, et grâce au ciel j'ai réussi dans tout ce que j'avais entrepris.
MARIE, avec intérêt.
Vous avez l'air bien fatigué!...
ARTHUR, gaiement.
C'est que je i^iie suis donné une peine depuis trois heures!... pas une minute de repos, toujours à cheval, six lieues au grand galop, un temps superbe, des chemins magnifiques; c'était une promenade délicieuse ; j'ai vu tout le monde. (Riant.) Aussi, je n'en puis plus ; je suis harassé.
MARIE, approchant un fauteuil.
Asseyez-vous donc... vous devez avoir besoin de prendre quelque chose.
ARTHUR
Ma foi, oui! Le grand air et la course m'ont donné une faim de tous les diables.
H. - V. lu.
ITl GOMÉDIKS — VAUUliVlI.LtS
MAIUE.
Là !... ot il n'y a peut-rtrc rien de prêt?
ARTHUR
B:ili ! un morceau de pain, une licuteille de porter; la première cliose venue.
MARIE
Je cours cherclier ce qu'il vous faut.
^Ello sort.) ARTHUR.
Bonne petite Marie ! que je me félicite... (il aperroit Robin.) Ah, ah ! te voilà, Robin... I*]h l)ien, mon garçon, comment te trouves- lu de ta seigneurie ?... comuiences tu à t'y faire?
UORIN, le chapeau ù la main et d'un air embarrassé.
Oh! monseigneur! vous êtes bien bon, ça me donne bien un peu de tracas, mais je ne m'en plains pas.
ARTHUR, s'.isseyaut.
Je viens de travailler pour loi.
RORIN, toujours debout.
Oui, monseigneur, j' sais (]ue vous avez eu la complaisance de vous battre.
(.Marie rentre ot pose sur bi lalile un plateau avec du pain, du vin, clc.) ARTHUR.
J'ai fait mieux ([ue-cela, j'ai vu les ouvriers de la iikiiiufaclure du bon Macarty ; ils sont rentrés dans le devoir, et les travaux vont reprendre avec une nouvelle activité... lui passant à Falkirk, j'ai vu aussi le receveur des taxes, el j'ai obtenu pour les vassaux du comté une diminution que j'avais négligé de réclamer ; eniiu, j'ai fait en ton nom ce (pio j'aurais dû faire plus toi pour moi-nu me et pour le bonheur de ces bons villageois ; mais vaut mieux tard que jamais...
Ail! du vaudeville de l.'Aiiiff cl son Ami.
Mon cher, grâco k celle journée, On respecte déjà ton nom ;
Mes soins dans une nintinée Ont tout changé dans le canton ; On te bénit dans ce domaine.
nOBIN.
Soit, je me laisserai bénir, Et ça m' fait d'autant plus plaisir, Que ça n' m'a pas coûté grand' peine.
(Bas à Marie.)
Là, voyez-vous encore ce que je viens de faire ! les taxes diminuées.
MARIE, à Anhur.
Monseigneur, vous êtes servi.
ROBIN
Attendez donc, que j'approche cette table !
ARTHUR, mangeant avec vivacité.
Bien, bien.
MARIE, le servant.
Je suis désolée de n'avoir trouvé que ça à l'office.
ARTHUll, mordant dans son pain.
lîxcellenl ! un verre !
ROBIX, prenant une serviette ot l'essuyant.
Voilà... et c'ie bouteille qui n'est seulement pas dôbouch<5e.
(il 1t débouche et verse à boire.) ARTUIR.
Délicieux ! je n'ai jamais rien bu de meilleur.
(Il mange.) ROBIX, le regardant avec envie.
Comme il mange !... est-il heureux d'avoir faim comme ça ! et moi, faut que j'atleude encore deux heures pour mon appétit du diner.
MARIE, regardant vers le coté gauche en allant à Arthur.
Ah ! monseigneur !
llli COMÉDIES — VAUDEVIbLKS
ROIilN, lui faisant des signes de s'adresser « lui.
Eh bien, eh bien, encore ! (a Arthur.) Dites-y donc, je vous prie, qu'elle s'adresse à moi, je suis le seigneur.
ARTHUR
C'est trop juste, parlez ;\ monsieur.
MARIE
Eii ! mon Dieu ! voyez plutôt d'ici, c'est un constablc el, des gens de justice... Si c'était pour ce duel, si on venait arrêter monseigneur. .
ROIilX, se levant effrayé.
Eh! arrêter monseigneur!... c'est que ça n'est ])lus (.-a du tout... Qu'est-ce que ça veut dire?... un constalde dans mon château!... (Fièrement.] Je m'en vas... (a part.) Je m'en vas me cacher.
(il s'e%fuil.) • MARIE, courant à Arlhur.
El moi, je ne vous t[uitte pas.
ARTaUR, regardant par le fond.
Je ne me trompe point, .Macarty est au milieu d'eux, cl il a l'air de leur donner des ordres.