SCENE PREMIERE
ROXELANE, ZÉTULBÉ, et plusieurs autres Sultanes
dans l'attitude de la douleur.
ZÉTULBE, à Roxelane.
Comment ! on n'a point de ses nouvelles ?
ROXELANE
Le dernier bulletin annonçait du mieux; mais le médecin du sérail vient d'arriver, et nous sommes toutes dans une anxiété...
ZÉTULBÉ.
Ce n'est pas rassurant.
ROXELANE
Savez-vous ({ue cette perte-là serait affreuse !
ZÉTULBÉ.
Oui, pour le pacha, qui ne peut se passer de son favori.
ROXELANE
Et pour nous surtout, car enfin cet ours était assez bonne personne ; il ne méritait peut-être pas la place importante qu'il occupait, mais on ne peut pas dire qu'il ait abusé de sa faveur, et on ne peut pas lui reprocher une seule injustice, ou un acte arbitraire.
ZÉTLLBÉ.
C'est bien vrai.
ROXELAXE.
El puisqu'il faut absolument que le sultan ait un favori, sait-on qui lui succédera ?
ZÉTULBÉ.
Mais cette perte devrait vous effrayer moins que toute autre, madame ; on sait quel rang vous tenez dans le cu'ur du pacha, et il se pourrait...
ROXELANE
Qu'oses-tu dire ! Ne sais-tu pas que je ne suis plus à moi? et que le souvenir de mon époux... Ce pauvre Tristapatte !
ZETULItÉ, apercevant Mirécot.
Ah, mon Dieu ! que nous veut Marécoi, et d'où lui vient cet air consterné ?