SCENE III
Les mêmes; RAYMOND.
RAYMOND
AIR : Vivent les amours qui toujours.
Libre, dispos et bien portant.
Mais ne portant Jamais d'argent comptant, L'artiste rit à chaque instant Et du présent il est toujours content.
Sans crainte, comme sans regrets, Pour aujourd'hui seul je fais Des projets.
Que m'importe le jour d'après?
" Le lendemain n'arrivera jamais.
Libre, dispos et bien portant, etc.
Bonjour, ma tille; bonjour, monsieur Edouard. (Apercevant
Verbois et Bemolini.) QllOls SOUl CCS messieurs? (Voynnt qu'ils
tirent leurs mémoires.) Je deviue... mais cc sout do uouveaux visages, car je ne les connais pas. C'est charmant ; je suis toujours sûr, en rentrant chez moi, de trouver de la société.
Ain : Ces postillons sont il'uno nialailressp Hans co n'ihiil qui fait «oïd iii.i domi'iire.
l'artiste 243
Cliaqiic jour je suis visité; Ici, inorl)lou ! l'on fait cercle à toute heure,
En ministre je suis Irailé.
Mais de janvier jusi^u'en décembre, Honnêtement toujours je les recjoi ; Jamais cliez moi l'on ne fait antichambre. Et je sais bien pourquoi.
EDUIjARD, lui Juiinant les pa,)ier3 que Verbois et Bemolini lui ont remis.
Ces papiers vous expliqueront le motif de leur visile...
(Bas aux créanciers, tandis que Raymond est occupé à lire.) Descendez à l'instant chez moi... le propriétaire de la maison, au premier, et nous nous entendrons.
BEMOLINI.
Ma, signor...
VERBOIS
Mais, monsieur...
EDOUARD, de même.
Taisez-vous, et partez... Je suis désolé qu'il vous ail vus... mais c'est égal.
RAYMOND, après avoir lu.
C'est bon... M. Bemolini, musicien... (lîemoiini salue.) M. "Verbois, marchand brocanteur et choriste de l'Opéra, (verbois salue.) Quoi! à cux dcux ils ont acheté toutes les créances !... Diable, mauvaise affaire pour eux.
BEMOLINI.
Comment! pour nous?
EDOUARD, bas.
Je vous réponds qu'elle est excellente, si vous partez à l'instant.
RAYMOND
Je suis désolé, messieurs, de ne pouvoir m'entend re surle-champ avec vous... mais j'attends ce matin la visite d'un lord, grand amateur de tableaux, et celle de M. Roussel, professeur de déclamation, qui viendra déjeuner, (a Émiiip.
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et te donner la première leçon : il faudra même lâcher que le déjeuner soit soigné, parce que, vois-tu, ces grands talents, ça mange...
AIR du vaudeville de Une Visite à Bedlam.
(a Verbois.) Quant à vous, mon cher ami, Si vous voulez audience, Vous aurez la complaisance De revenir à midi.
EDOUARD, bas aux créancieri.
Je promets de tout payer, Même sans en rien rabattre,
(Leur montrant la porte.) Si vous prenez l'escalier.
VERBOIS et BEMOLINI.
Je le descends quatre à quatre.
Ensemble.
RAYMOND et EMILIE.
Oui, pour vous, mon cher ami.
Si vous voulez audience, Vous aurez la complaisance De revenir à midi.
-^ EDOUARD
Si vous voulez qu'aujourd'hui L'on solde votre créance, Descendez en dili;;cnce ; Messieurs, je descends aussi.
VERBOIS et BEMOLIM.
Monsieur, pourvu qu'aujourd'hui L'on solde notre créance.
Nous aurons la patience D'attendre justiu'à midi.
(Verbois et Boiiioliiii sortenl. )
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