SCÈINE IL GERVAIS, ]»•"« SIMONNEAU
M"*^ SIMON.NE.VU, qui est entré» à la fin dj l'air précédent.
Bonjour, mon voisin... j'étais lù et j'ai entendu que vous renvoyiez Pierrot; Dieu me préserve de dire du mal du prochain, mais si vous m'en aviez cru, il y a longtemps que vous vous seriez débarrassé d'un vaurien sans mœurs et sans religion, comme celui-là qui, 1' dimanche, au lieu de chanter au lutrin, va jouer à la boule sur la grande place ou boire dans des cabarets mal composés.
GERVAIS
Oh! il est bien certain que pour d' la religion... il n'en a pas tant que vous, madame Simonneau, ([ui avez été pendant vingt-cinq ans la servante de ce vieu.\ chanoine...
Ain .Je logo au quati-iùiuc ot.igo. {Lu Ménuge de garçon.)
Vous étiez bien là, ma commère :
Un'- bonn' table, un' bonne maison, De bons gages et rien à faire.
Et la premier' place au sermon.
0 providence sans seconde !
Sans peine vous avez ainsi Fait vol' saUU dans l'autre monde r^l vol' fortune en celui-ci.
Tout de même, vous avez là une belle et bonne auberge !...
M'"" SIMONNEAU
Aussi, voisin... quand mon neveu aura épousé votre tille
LA -GAMPAGiNE
et que l'auberge sera réunie à voire ferme, .a fera une fameuse propriété !...
GERVAIS
Not' prnjet tient donc toujours?...
M""" SIMONNEAU
Quand vous voudrez... A propos de ça, je vous apporte une lettre qui vient d'arriver pour vous... c'est huit sols... D'abord mon neveu Eustache ne demande pas mieux que de se marier...
Et Madeleine aussi... c'est pour ça que je ne suis pas fâché d'avoir renvoyé ce Pierrot... qui l'aurait peut-être fait tourner à mal... (Regardant sn lettre.) G'cst timbré de Paris.
M^'B SIMONNEAU
Eh bien! voisin, ce soir nous signerons le contrat... vous savez que vous avez promis six cents francs comptant pour le trousseau de la mariée et les meubles du ménage...
GERVAIS
D.ime !... ça me gène bien un peu... (En riant.) mais enliu on les trouvera, voisine... on les trouvera... et tenez, la semaine prochaine, nous ferons la noce au vieux château de La Grange... dont je suis le fermier... et quasiment le propriétaire puisqu' c' ti-là qui en est le maître n'y est pas encore venu et n'y viendra peut-être jamais.
M™e SIMONNEAU.
Vous croyez ?...
GERVAIS, qui a ouvert la Iettr«.
Eh ! mais, c'est justement de son écriture et vous allez voir... (Lisant.) Hum... hum... Ah ! mon Dieu, qu'est-ce que c'est que cela?... M. Dufour, un marchand de Paris, abandonnerait sa boutique et son commerce pour se retirer à la campagne...
M""* SIMONNEAU
Est-ce que cela vous contrarie ?
COMKDIES — VAUDEVILLES
GERVAIS, se frottant l'oreille.
Oh! un petit brin... Acoulez ce qu'il méchante !... o Mon « cher Gcrvais,
AIR du ilajor Palmer.
« Je croyais dans ma boutique
« Mourir comme j'ai vécu;
« Voilà que mon fils unique
« Du lycée est revenu.
« L'amour ôes champs qui l'enivre
« Lui fait délester Paris;
a II prétend qu'on ne peut vivre
a Dans le faubourg Saint-Denis.
u Sur ma fenêtre il s'exerce
a A composer des jardins;
« Sur mes livres de commerce
« Il dessine des moulins.
a II parle de bergerette,
« De Tircis et de Colin,
a Et s'est fait une houlette
« De l'aune du magasin!...
« Cédant à ce fils que j'aime,
« A ses vœux impatients,
« Nous partons aujourd'hui même
« Pour trouver, au sein des champs,
» Les bonnes mœurs et l'ombrage,
« La décence et les gazons,
« Les vertus et le laitage,
<i L'innocence et les moutons !... »
M'"" SIMONNEAU
Les vertus! rinnoccnce... lebon jeune homme!... il a ccrlainemcnl bien raison et il fait bien de venir chez nous.
GERVAIS
Comme vous dites, voisine. (Continuant do lire.) « Et nous « irons nous fixer au châlean de La (Iranije, cette jolie proa priélé (pie lu nous as fait acheter l'année dernière, etc. »