‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 22 sur 154 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

Les mêmes; PIERROT.

Viens.., mon gardon... dis ce que tu sais. . (a Uufour. C'est le seul honnête homme que j'aie encore rencontré ici... (A Pierrot.) Oui, parle hardiment... avec cet accent que donnent la conscience et a vérité...

PIERROT

Oui... oui, père Gcrvais, ti! que c'est laid de retenir comme raie bien des honnêtes gens... (;a n'est pas la première

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fois que (;a vous arrive... témoin... mes gages et mes agneaux.

.\LEXIS, à Grosjean.

Vous l'entendez, ce n'est pas la première t'ois.

GROSJEAN.

J'entends bien... j'entends bien... vous attestez donc, monsieur Pierrot... qu'on n'a rien vole à M. Gervais?

FIliUROT.

Oui... je l'atteste...

GllOSJEÂX.

Levez la main...

l'IEKllor.

Quoi donc?...

ALEXIS

On le dit de lever la miin... entends-tu?

PIERROT, qui a les doux mains dans sa veste.

Sans doute, que je la lèverai.

lll lire iirécipitamment sa main do la poche de sa veste, et dans ce mouvement-là fait tomber par terre un petit sac vert avec une étiquette.)

GERVAIS

Arrêtez... arrêtez... qu'est-ce que je vois là?... mon sac vert... et l'étiquette.., ^Lisant.) « A M. Gcrvtiis. » Comment, coquin, c'est toi qui as fait le coup?

DUFOUR

Pierrot... le seul lionnètc homme du pays!

PIERROT

Un instant, ce n'est pas vrai... je nai pas volé... le père Gervais me doit des gages... qu'il me retient.

GERVAIS

AIR: Eh \ ma more, est-c' que j' sais i;a.

Pour cinquante écus de gage,

Il en prend deux cents chez nous.

l'IliRKOT.

J'en savons pas davantage.

Les écus se r'ssemblont tous.

C n'est pas d' ma faute, notr' maître, Comme vous 1' disiez d' mes agneaux, On n' peut plus les reconnaître Un' fois qui sont en troupiaux.

Et M. le juge ne vous les rendra que quand 1' père Gervais m' paiera mes cinquante écus... c'est juste, n'est-ce pas, monsieur Ale.xis, monsieur Dufour...

UL'FOUIl.

Va-t'en au diable... je ne veux avoir rien de commun avec tous les habitants de ce maudit pays.

ALEXIS

Dieu! quel contlit de friponneries !... Fartons, mon père !... partons vite...

M""" SIMONiNEAU.

Un moment, messieurs... et votre petit compte pour le séjour que vous avez fait chez moi...

DUl'OUK.

Comment, chez vous ?

Mme siMONNEAU.

Sans doute, monsieur... je tiens auberge, tout le monde vous le dira.

MADELEINE

Oui, clic lient auberge.

M™^ SIMONNEAU

Ou y a transporté vos bagages et préparé vos chambres.

ALEXIS

Mais nous n'y sommes pas entrés...

M™« SIMONNEAU

N'importe ! les draps y sont...

DUFOUR, à sou fils.

Dis donc, Alexis... voilà cette douce hospitalité...

ALEXIS

Payez, mon père... payez et allons-nous-en...

DUFOUR, payant.

Oui... OUI... cédons bien vite notre acquisition... courons chez le notaire de l'endroit...

ALEXIS

Ah! papa... si ça vous est égal... prenons plutôt un notaire de Paris.

ciiœuR.

.!//( Jli vaudeville de Parii u Pékin.

Vivent les plaish'S des champs, Et l'ombrage et le laitage !

C'est chez les bons paysanp iju'on trouve d'honnêtes gens.

ALEXIS

Allt du \aiiJoville des Amuiils sans amour.

Adieu, douce paix des chaumières, Adieu, plaisirs que j'ai cru si louchants !

Adieu, vertueuses bergères,

Pour jamais, je quitte les champs.

Paris nous offre un plus aimable asile ;

(Au public.) Permellcz-moi, messieurs, do l'habiter.

Nous pouvons bien retourner à la ville, Vous pouvez seuls nous y faire rester.

CHOEUR

Vivent les plulsirs des champs, etc.

COMt;DlE-VAL'UEVn,LK KN UN ACT^:

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