CHAMBRE
(Au lever du rideau Paiili..e est debout, en grande toilette de mariée, devant une glace ; la corbeille de mariage est sur une table près d'elle ; les femmes de chambre achèvent de la coiffer ; M. de Rostange», assis de l'autre côté, tient un écrin qu'il admire ; la petite Jenny arrange la ceinture de sa saeur, dé,)loie le cachemire, eîc.)
M. DE ROSTANGES, l'écrin à la main.
Eh bien ! vous ne mettez pas le collier de diamants?
JENNY
Mais du tout, mon papa ! les diamants, c'est pour le jour
* Cutte pièce et deux autres, le Mariage enfantin et le Vieux fjarçon, furent composées pour Léontine Fay dont tout Paris admirait l'intelligence et les talents précoces. Grâce, esprit, finesse et sensibilité, elle avait tout en partage. Thalie semblait avoir révélé tous ses secrets a une enfant de dix ans,
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de la noce ; pour la signature du contrai, il ne faut qu'une demi-toilelle.
M. DE ROSTANGES.
Ah ! mon Dieu, que de choses l'on a à faire le jour de la signature d'un contrat!
.i//i. Tenez, luui je suis un bon homme. Ilda.)
11 faut penser à la corbeille, Il faut penser à son écrln, A la toilette de la veille, Puis à celle du lendemain; Penser au bal de la journée ; A peine enfin, moi j'en suis sûr, Trouve-t-on dans la matinée Le temps de penser au futur.
UNE FEMME DE CHAMBRE, qui rentre.
Le notaire de la ville voisine, que vous avez fait demander, vient d'arriver au château.
PAULINE, troublée.
Ah ! mon Dieu ! le notaire, déjà !
et cette perfection on miniature avait inspire a un homme de beaucoup d'esprit le joli quatrain suivant :
Vous qui rêvez une actrice parf.iile,
Accourez voir Léontine... et soudain
Vous reverrez f.onlat et Saint- .\ubin
En retournant votre lorgnette.
Dos débuts aussi étonnants devaient rendre pUis tard l'admiration exigeante, il fallait d'abord s'y attendre; mais le succès que récemment encore vient d'obtenir cette jolie actrice *, prouve maintenant que sa jeunesse tiendra les Lrillanlcs promesses de son enfance.
' Yeliia ou l'Orpheline russe, pièce où mademoiselle Léontine Fuy a déployé une vérité, une expression et un talent de pantoaiime ou-desius de tout éloge.
LA l'ETlTE SUiUR 55
M. DE ROSTANGES.
11 atlcndra. Le futur, M. Legrand, n'est pas encore descendu.
JENXV, tenant un l)ouqiict.
El le bouquet de la marice n'est pas attaché.
M. DE ROSTA>Gi:S.
Qu'il attende !
JL'NXV, regardant le bouquet et l'attachant à sa sœur.
Oui, qu'il attende ! Ah ! les belles tleurs ! que c'est joli de se marier, et que je voudrais être l'aînée ! Je ne sais pas pourquoi ma sœur est si triste et si chagrine ; il est vrai que toutes les mariées sont d'abord comme cela! peut-être que les mamans le recommandent; car je ne sais pas ce que la mienne a dit ce matin à ma sœur.
M. DE ROSTANGES, à Jenny.
Ahçà! Jenny, tiniras-tu les bavardages? Eh ! j'entends notre ami, et Pauline n'est pas prête.