‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 36 sur 154 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les mêmes; excepté Adolphe; Ll'] BARON et M. DE KERKA-

VEL, entrent en se disputant ; LAGUERITE est derrière eux. LE BVROX.

Puisque j'avais écarté la dame de trèfles...

KERKAVEL.

Permettez, permettez ! vous ue pouvez l'avoir écartée, puisque j'avais une quinte majeure en irètles.

LA GUÉRITE

Mais, mon commandant...

LE BARON, à Laguérite.

Va -t'en au diable ! Comment voulez-vous que l'on puisse compter son jeu, quand au milieu d'une partie il vous arrive des estafettes et des ordonnances?

KERKAVEL.

Au fait, monsieur a raison ; voyons, Laguérite, dépêchetoi... tu viens là me relancer !

LAGL'ÉRITE.

C'est au sujet du prisonnier dont le commandant de la citadelle vous a envoyé le signalement ; on assure l'avoir vu rôder dans les environs.

PAULINE, bas à Léon.

Ah, mon Dieu !

LE BARON

Eh bien, tant mieux ! qu'il aille se promener. En ce moment M. le major n'est pas commandant de place ; il est ici pour signer le contrat et achever une partie de piquet; car nous l'achèverons... diable ! j'ai trois marqués. Ainsi, Laguérite, en arrière, et tiens-toi en réserve.

KERKAVEL.

Oui, mon vieux, je le parlerai tout à l'iieure ; reste dans la chambre à côté en armée d'observation. Ah çà ! voyons, 011 est notre notaire?

(Laguérite sort.) M. DE ROSTAXGES.

Eh mais ! où est-il donc ? Il était là tout à l'heure, et je ne le vois plus.

LÉON

Il sera probablement sorti.

Impossible, nous Saurions rencontré.

KERKAVEL.

Sans doute, un notaire, ça se voit.

JENNV.

Il ne peut être alors que dans ce cabinet.

LEON, bas à Jenny.

Taisez-vous donc !

JENNV.

Mais sans doute, monsieur, puisqu'il n'y a pas d'autre issue. (Allant a la porte.) 3lousieur le notaire ! monsieur le notaire !

TOUS, criant.

Monsieur le notaire !

KERKAVEL.

Allons, il n'y sera pas.

LÉON

C'est ce que je disais, il est bien sûr qu'il n'y est pas !

JENNV.

Si vraiment, je le vois Irt'S-bien A travers la serrure ; il ourne le dos à la porte, et il est dans un fauteuil.

LÀ FKTITE SŒUR 81

Eh bien donc ! pourquoi diable ne répond-il pas? à moins qu'il ne se trouve mal !

JENNV.

C'est drôle ! cela lui a pris en môme temps qu'à ma sœur.

LÉON, bas.

Vous tairez-YOus?

JENNY

Comment ! me taire quand ce pauvre jeune homme est aussi mal, quand il y va peut-être de sa vie... fi ! que c'est laid! vous qui êtes son ami!

M. DE ROSTANGES.

Eh mais ! où est donc la clef?

JENNY, cherchant.

Comment! elle n'est pas là? moi qui l'ai vue tout à l'heure ! Mais cette porte n'est pas bien solide.

LE BARON

Sans doute, je vais chercher ce qu'il faut pour faire sauter la serrure.

M. DE ROSTANGES.

Je vais avec vous.

(Le barou et M. de Rostanges sortent, Kerkavel est sur le point de les suivre.)

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