‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 81 sur 154 · I.OIU) MOliOSE · texte numérisé non relu

I.OIU) MOliOSE

Ah! mon Dieu! leur serait-il arrivé quelque chose?

sm ÉnouARD.

Du tout... nous les avons envoyés à bord du vaisseau français .. et ils feront d'excellents mousses.

LORD MOROSE, bns "à sa femme.

Mes fils... mousses .. deux petits milordsl... mais pariez donc, madame, dites qu'ils vous appartiennent, que ce sont vos enfants.

LADY MOROSE, de mèmp.

Comment ! monsieur, mes enfants!... vous m'avez fait dire tout à l'heure que je n'étais pas mariée... quelle idée auniitil de moi"?

LORD MOROSE, de même.

Eh ! il s'agit bien de son opinion !

SIR EDOUARD, à lady Morose.

• Quel est cet homme qui vous parle bas avec tant de feu et de vivacité ?

LADY MOROSE

C'est... riutendant de ce château.

SIR EDOUARD, l'examinnnt.

Ah ! 1 intendant de lord Morose... je ne sais, mais la présence de cet homme ma donne des soupçons que je veux éclaircir... (a lord Morose.) Laisscz-uous.

LORD MOROSE

Comment ! que je vous laisse.

(Faisant à sa femme des signes de s'en aller.) LADY MOROSE, à sir Edouard.

Permettez alors que je me relire.

180 COMÉDIKS VAUIIEVILLKS

LORD MOROSE, à part.

C'est bien... il ne s'attendait pas à cela.

SIR KDOUARO, rplenant lady Morose.

Non, restez, je vous prie... il me suffit que monsieur ne puisse nous entendre.

(Lady Morose fait signe de la main à son mari de se retirer un peu, et de ne rien craindre. Lord Morose on témoignant son impatience s'éloigne à gauche de quelques pas. Sir Edouard et lady Morose sont à droite sur le devant du théâtre.)

SIR EDOUARD, à voix basse.

Le pauvre milord... je lui fais une frayeur!

LADY MOROSE, de même.

Dont il VOUS remerciera plus tard... Mais nous n'avons pas de temps à perdre... je dois vous prévenir que Bidulf s'est échappé... qu'il est allé cliorclier un bataillon de la yeomanrie... et il ne faudrait pas que les choses allassent plus loin.

LORD MOROSE, qui n cherché A rntendre.

(^onime ma femme lui en dit !

SIR EDOUARD

Soyez tranquille... ils peuvent venir hardiment, je les défie de trouver un seul Français... je vais licencier mes troupes.

LAI1V MOROSE

A merveille.

SIR EDOUARD

Et vous croyez, madame, que tantôt il ne me gardera pas rancune et voudra bien me pardonner ?

LADV MOROSE.

Cela me regarde, et je m'en charge... continuez, monsieur le jfénéral, ;\ rendre mon mari Ijien malheureux, et je ré|)onds de voire honhnir.

>\i\ i;nou\Hii.

Ali ! madame.

A!R\\u vauilevillc de Turenne.

Ah ! mon habit, que je vous remercie !

LORD MOROSE, à part avec colère. A peine si je me connais !

SIR EDOUARD

Je n'en aurais jamais, je le parie, Tant obtenu lorsque j'étais Anglais,

Mais à présent que je më forme, De nos voisins je conçois le crédit,

Puisqu'en amour on réussit •

Rien qu'en portant leur uniforme.

(u sort en courant.)

Page 1