II. - m
LA FOLIE
Mais, oui; je suis fixée jusqu'à nouvel ordre.
TITAN
11 est donc vrai que vous me quittez?
Que n'avez-vous su me retenir!
TITAN
Comment, au moment où je fais de nouveaux embellissements * !
AIR : Tenez, moi je suis un bon homme. (Ida.)
Quoi, j'ai pris im orchestre unique.
Planté des saules, des tilleuls.
Et moi, mes arbres, ma musique.
Nous nous divertissons tout seuls I Je vois que j'en suis pour mes saules. Grâce à vous, je me trouve, hélas !
Mon orchestre sur les épaules.
Et mes montagnes sur les bras.
Mais, j'en appelle à un personnage plus puissant que vous, au Public lui-même, et comme il ne vient plus chez moi, c'est ici que je l'attends ; il sera juge de ce procès.
LA FOLIE
Qu'est-ce que vous avez donc là '?
TITAN
Je porte avec moi les pièces à l'appui. C'est un petit modèle, en bas-relief, qui représente mes montagnes : on pourra confronter ; et j'attaque les vôtres en contrefaçon.
AIR Dorilas, contre moi des femmes. {Pour et Contre.) Oui, l'on va, malgré vos astuces,
* Eblouis par le succès de la première année, les entrepreneurs des Montagnes Russes avaient employé leurs bénéfices en embellissements, afin de fixer chez eux la vogue. La vogue n'y revint plus.
Voir mes montagnes au procès, Elles sont faites par des Russes...
LA FOLIE
Et les nôtres par des Français.
Ainsi que vous, à leur tour ils espèrent. Sachez, monsieur, qu'en fait de monuments. Chez nous les arts, l'honneur, en élevèrent
Qui dureront encor longtemps.
TITAN
D'ailleurs, chez nous l'on danse.
LA FOLIE
Chez nous l'on dîne * : voyez d'ici Cornus, Baechus et tout l'Olympe; j'ai pour moi le ciel!
TITAN
Et moi les procureurs... et l'enfer avec eux ! Je vous forcerai bien à revenir chez moi, ou nous plaiderons.
LA FOLIE
Eh bien ! nous verrons.