SCÈNE II
Les mêmes; L'AMOUR, en maître il danser.
l'amour.
AIR : Tantùt reine ou bergère. {Madame Favart.)
Fuyons Les lois sévères De nos sages austères; Gentilles écolières.
Prenez de mes leçons.
J'ai franchi les espaces Et, rival de Zéphyr, J'accours auprès des Grâces Sur l'aile du plaisir.
TOUTES
Fuyons Les lois sévères.
De nos sages austères; Fidèles écolières, Prenons de ses leçons.
l'amour.
Bonjour, mes toutes belles... tous les jours plus jolies!
(a Euphrosine.) VoUS êtCS divine, (a Aspasie.) VoUS aVCZ là UUe
garniture délicieuse! (a .luiin.) Tenez-vous donc droilo!... (a toutes.) Comment vont les battements ? avons-nous l)ien étudié?...
EUl'IIUOSINE.
Vous arrivez bien tard, monsieur!
l'amour.
Oui, je crois que l'heure de la leçon est passée.
JULIA
Oh! c'est égal, voilà mon cachet.
ASPASIE
Voilà le mien.
AGLAÉ et LES AUTRES.
El moi le mien.
l'amour.
Eh bien! c'est comme si la leçon était prise... il n'y a pas de temps perdu.
EL'PHROSIXE.
Oh! mon Dieu, non!... nous pouvons causer maintenant.
l'amour.
Ce qui m'a retarde, c'est que je viens de chez M. Egyptus, ce maître de pension qui a cinquante garçons.
JULIA
Gomment ! vous nous donnez des leçons et vous leur on donnez aussi... eux qui sont nos ennemis! l'amour.
\\\\\ mon Dieu! oui... la danse est de tous les partis... c'est connne rameur !
AIR : Ali ! que de chagrins dans la vio. {I.nnlara.)
Dans mon art, avec indulgence, Je m'accommode à tous les goûts, Et tous les jours gaîment je danse Chez eux aussi bien que chez vous !
Ah! si chacun, dans le siècle où nous sommes,
Négligeait Mars pour cet art plus humain. Bientôt d'accord, on verrait tous les hommes Danser en rond en se donnant la main.
EUPUROSLNE.
Êtes-vous content de vos nouveaux élèves?
Sont-ils aimables?
Sont-ils eais ?
ASPASIE
AGLAE.
JULIA
Qu'est -ce qu'ils disent... qu'est-ce qu'ils font? l'amour.
Ils sont fort bien... mais ils ont des défauts! Par exemple ils sont curieux... oh! curieux... vous ne pouvez vous imaginer... ils m'ont fait mille questions sur vous, sur leurs jolies voisines! C'est ainsi ([u'ils vous appellent... Mais dites-moi donc, pourquoi leur père et le vôtre s'en veulentils ainsi?... Est-ce jalousie de métier ou de paternité?...
JULIA
Ah ! ça, ça ne s'explique pas, c'est dans le sang.
AIR du vaudeville du Petit Cuun-ier.
Se nuire est leur unique espoir,
Sans cesse, en tous lieux, à toule heure,
L'un toujours rit quand l'autre pleure;
Quand l'un dit blanc, l'autre dit noir;
Et notre père, en bon apôtre,
Ne fit enfin, nous le croyons,
Que des filles, parce que l'autre
N'a jamais fait que des garçons.
ELPHROSINE.
Fi ! mademoiselle, est-ce que vous devez ainsi parler de vos parents... mon papa le saura.
JULIA
Voilà comme vous êtesl toujours rapportant... parce que
VOUS voulez être mariée avant les autres... mais ça ne réussira pas... parce que je connais les intentions secrètes de M. Danaiis.
TOUTES
Et moi aussi...
JULIA
On nous a souvent demandées en mariage , surtout M. Patient, ce petit notaire de Chaillot, qui depuis vingt ans attend l'une de nous... mais mon papa a refusé parce qu'il ne veut pas nous marier en détail...
ASPASIE
Mais je crois que j'entends gronder...
TOUTES
Oh! c'est lui... c'est mon papa!
EUPHROSINE
Allons au-devant de lui,
(Elles sortent.)