SCÈNE VI
LEBLANC, MOUSSIXOT, qui prenJ un m,- riml.
M"'' MOUSSL\OT, SUZANNE.
M'"'' IIOISSINOT.
Monsieur Moussinot ! monsieur Moussinot !... voudrez-vous déjeuner aujourd'hui ?
LA FÊTE nu MARI 20Î
LEBLANC, bas, à Mojssinot.
Dites que vous allez à Paris, vous verrez.
MOUSSiNOT, .le même.
Au coiUrairc, si j'y vais, je ne verrai rien.
LEBLANC, de même.
Ça s'ra une frime pour revenir les prendre sur le lail.
MOL'SSIKOT, lie mùij:o.
C'est que j'aurais autant aimé déjeuner ; je me sens là une faim...
LEBLAXC, ilo mime.
dissimulez toujours.
MOL'SSLNOT, à M"'" .Moussinot.
Ma bonne amie, je pars à l'instant pour Paris.
M'"'= MOUSSINOT.
Eh ! {)Ourquoi donc aller à Paris?
MOUSSINOT.
Pourquoi? (b.is à Leblanc.) Pourquoi ?
LEBLANC,^do même.
Le notaire.
MOUSSINOT.
Ne faut-il pas que j'aille chez M'' Griffonnard?... il m'avait promis de venir ou d'envoyer son clerc pour le mariage de Suzanne.
SUZANNE, vivement.
Ah ! ça n'est pas pressé ; vous irez un autre jour.
MMc MOUSSINOT, bas à Su/.anne.
Ain du vaiidoville de L'Aviirc et son Ami
Tais-tûi, c'est un grand avantage Pour la fût' que nous préparons.
(llaut.) J'approuve ce petit voyage.
Et j'ai pour cela mes raisons.
266 OOMKDIKS — VAUDEVILLES
MOCSSLNOT.
l'eul-on connaître ces raisons ?
M""" JIOUSSINOT.
(Ju'cst-il ]je<oin qu'on vous les dise?
Il est des choses, voyez-vous, Que l'on doil cacher aux époux Afin d'auiçuicnler leur surprise.
MOLSSINOT bas, à Leblanc.
Ah çà ! elle me plaisante ouvertement.
LEBLANC, de mémo.
Dissimulez toujours, et allez-vous-en. (Haut.) Compère, j' vous accompai,^ne... Si nous sortions par la petite porte du potager... c'est le plus court... madame Moussinot va nous en donner la clef.
SUZANXK, à pnrt.
Ah ! mon Dieu ! quel embarras!...
M™« MOUSSINOT.
La clef... la clef... eh bien! justement je ne l'ai pas... cl depuis liier je l'ai cherchée partout. Demandez à Suzanne.
LEBLANC bas, à Moussinot.
Suzanne est d'intelligence... (Haut.) En ce cas, nous sortirons par la grande porte.
M™*^ MOUSSINOT.
Je vous accompagne jusque-là... ce cher petit mari... Ah çà! ne vous fatiguez pas trop, allez doucement, et songez que nous vous attendons pour diner... Enlends-lu, ma poule '?
MOUSSINOT, à part.
Sa poule... la perfide !
.(//( ilu \;ui<iL-viik' ilu Secret de madame.
Adieu, je pars pour une affaire Qui m'intéresse vivement. Vous, ma nièce, sachez vous taire, VA conduisez-vous prudemment.
Je pars à jeun...
LEBLANC, bas.
Poix donc, vous dis-jcl MOUSSINOT, de même.
Je saurai cacher mon dépit.
Ici, de même, que ne puis-je '
Dissimuler mon appé'lil!
Ensemble.
MOUSSINOT et LEBLANC.
Adieu, nous partons pour affaire, Qui nous inléress' vivement.
Soyons malins, sachons nous taire, Et conduisons-nous prudemment.
SUZANNE
Mon oncle part pour une affaire, Qui l'intéresse vivement; Ce départ loin de nous déplaire, Nous est très-utile vraiment.
M""« MOUSSINOT.
Ton oncle part pour une affaire, etc.
(Moiissinot et Leblanc sortent, accompagnés par M'"*" Mousshiot.)