MOUSSIN'OT
(Tesl donc vous, le clerc de tantôt?
ANATOLE
Oui, monsieur, c'est moi qui suis le clerc. (Montrant Leblanc. ) Monsieur le sait bien.
MOISSINOT.
Et tu oses dire qu'un pareil acte est sorti de l'étude de maître Griffonnard? liens, lis!
ANATOLE, à part.
Diable! celui-là sait lire, à ce qu'il paraît.
MOLSSINOT, tragiquement.
Qu'en dis- tu ?
LEBLANC
Il se déconcerte.
ANATOLE
Eh bien ! je dis que c'est vrai. Je suis un notaire d'iia- .sard... mais quand vous saurez ce qui m'amène ici...
MOUSSINOT.
Nous le savons trop bien.
ANATOLE
Ah! vous saijez... Tiens, qu'est-ce qui vous a appris?...
MOUSSINOT.
Votre complice elle-même, perfide, séducteur !
ANATOLE
Ah ! pour séducteur, ça c'est vrai ; j'en ai l'air, parce que j'ai déchiré mon pan en sautant par-dessus le mur,' mais je vous jure que je n'ai que des vues légitimes... Ainsi vous devez être tranquille.
MOUSSINOT, à Leblanc.
Comment I des vues légitimes sur ma femme ? il me seni-
ble qu'il faut que j'en demande raison. (Pieiinut la canne de
Leblanc.) Défcnds-toi!
ANATOLE
Un moment... la preuve, c'est que je voulais demander votre consentement.
.MOUSSLNOT.
Mon consentement ?
ANATOLE
Dame, auriez-vous mieux aimé que j'agissasse à volri; insu, et sans vous en prévenir?.,. Là, je vous demande ce que ça vous fait ?
MOUSSINOT.
Ce que ça me fait?... En garde !
LEBLANC
Ferme ! il a peur.
ANATOLE
Vous vous tachez pour rien.
MOUSSINOT.
Il l'aul que vous me luïez ou que je vous tue.
ANATOLE
Pardi! s'il ne tient qu'à choisir... A qui en a-t-il donc? et depuis quand tue-t-on les gens qui font des propositions honnêtes? *