‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 156 sur 183 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CHACTAS, ROSALA.

ROS.VL.V, timideiueat.

Avançons.

CHACTAS

Est-ce vous, vierge des dernières amours ?

ROSALA.

Silence !

CHACTAS

J'ai dit des dernières, car il me semble difficile que vous soyez celle des premières.

ROSALA.

C'est ce qui vous trompe... (a part.) Qu'oses-tu dire, fiancée criminelle ?

CHACTAS

Vous êtes aux. premières... vous n'en êtes que plus digne d'éloges, et quoique je sois par terre, cette idée me met au paradis.

(L'orchestre joue l'air : Formez, formez les iiœud^' les plus doux. Sur cet air, Kosala détaclie avej prjeaiition les ojrJei ([ui retiennent Chacias.j

CHACTAS ET ATALA 31i

ClIACTAS, à part.

Comme elle en détache !

ROSALA.

Je me nomme Rosala, sœur de Jonalhan, cliei' de ces farouches gardiens.

CHACTAS, vivement.

C'est vous qui tantôt... (a part.) Étrange contradiction du ca'ur de l'iiomme, moi qui avais tant envie de lui dire les choses du mystère!... le génie de l'amour a dérobé mes paroles.

(Rosala et Chactas ont descendu li:^ tliéâtrc, et Rosala le tient en laisse avec une des cordes ([u'elle vient de délaclier.)

ROSALA, balbutiant.

Ces piquets ne vous arrêtent plus, el vous êtes bien faiblement retenu.

CHACTAS, avec l'explosion de la sensibilité.

Faiblement retenu, ô femme!... y eût-il un cent de pi- ([uets, ce ne serait qu'un jeu, mais celle corde... celte corde (|ui dans vos mains devient une véritable chaîne des dames...

ROSALA.

Malheureux ! sais- tu que tu es entre les mains de mon frôre, et que nul n'a jamais pu en réchapper? Tu ne connais donc pas le docteur .Jonathan et les douches qu'il te prépare ?

CHACTAS

Tu pleures... Oui, parbleu ! c'est une l)cllc et bonne larme... orage du cueur, est-ce une goutte de votre pluie?... eh bien ! viens avec moi au désert.

ROSALA.

Et les discours des hommes ?

CHACTAS

Eh bien! pour échapper à tous les yeux, prends comme moi le déi;uiscment de la nature, sois mon Atala... ,'ii court à

COMKDIKS V Ai: I)i:VILLKS

sa nialli» il'uii il ictii-o une toij'ie et une ceinture de plumes.) CachC-tOI

SOUS II li'aiis])ar('iicc do ces plumes.

IlOSALA. ronrHnt à sa mnisou.

Le sort en est jclé.

ClIACTAS.

Que t'ailcs-vous ?

UOSALA.

C'est nu ju'tit iianier de provisions que j'avais préparé à tout événement, sans savoir comment i;a se terminerait.

ClIACTAS.

0 ingénuité du tléscrl !...

ROSALA.

C'est (le l'eau de noyau, de l'eau de tlcurs d'oranger qui \ienniMU de la eue de mes |)ères.

CHACTAS

Elle a dit aux eaux de ses pères : levez-vous et venez aux terres étrangères... je vous demande pardon pour ce qui me regarde de ne pas m'ètre chargé des os de mes pères, j'ai bien assez des miens,

(l.'oi-chpstre joue l'air -.Le milhdtr me rend iitlrcpide. — GénuflexioD, invocation, Cliactas cl Uosala disparaissent sur la montagne.)

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