‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 30 sur 183 · ni · texte numérisé non relu

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l'état de commerçant est le plus beau et le plus utile de tous.

Alli : J'ai vu piirluut dans mes voyages, (te 7a/o».r w(j/jrf /m/.)

C'est lui qui répand l'abondance Far ses efforts industrieux ; C'est lui" dont l'utile influence Unit tous les peuples entre eux.

Aux nobles fruits de la victoire Si les États doivent l'honneur, Si les beaux-arts en font la gloire, Le commerce en fait le bonheur.

Et quand on a l'honneur d'être commerçant, on doit être fier d'en porter l'habit. Qu'est-ce que c'est que des moustaches?

LEGRAND

Prenez garde ; n'en parlez pas si haut 1 si Ton vous entendait, il y aurait peut-être du danger.

BERNARD

A Dieu ne plaise que j'en dise du mal : je les respecte trop pour cela.

AIR : A soixante ans on ne doil pas reineUre. {Le Diner de iladelon.)

Rendons honneur aux guerriers intrépides Qui pour la France ont bravé le trépas ; S'il le fallait, en les prenant pour guides, On nous verrait tous marcher sur leurs pas. Mais jusqu'alors, au sein de nos murailles,

(Montrant la place des moustaches.) Ce noble signe a seul droit de flatter Ceux qui déjà, sur les champs de iiatailles. Ont acheté le droit de le porter,

LEGRAXD.

Quant à cela, tout le monde est de votre avis, et voilà justement ce que nous voulions faire entendre.

BERNARD

Oh ! parbleu, c'est entendu.

AIR (Ju vaudeviDe de La Robe et les Ilullcx.

Chez nous l'honneur devance l'âge, El les Français pensent, avec raison, Qu'on peut bien avoir du courage Sans avoir de barbe au menton ; Tout fiers d'une aussi noble tâche, Aux ennemis ils feraient voir Que, pour leur couper la moustache, On n'a pas besoin d'en avoir,

LEGRAND

Alors je ne vois pas trop pouniuoi messieurs vos neveux n'ont pas voulu permettre qu'on attaquât un léger ridicule qu'ils ne partagent pas.

BERNARD

Oui, je crois que nous nous sommes fâchés un peu vite, (H qu'au fait tout cela ne tombait que sur les éperons.

LEGRAXD.

Vous l'avez dit.

BERNARD

Eli bien ! monsieur, nous sommes aussi gens à entendre la plaisanterie; et je suis sur que s'il en est encore quelquesuns parmi nous qui tiennent à cette petite manie, ils seront les premiers à en rire... Tenez, moi, je me charge d'arranger l'affaire, et de lour dire :

AIH de La Sentinelle.

Oui, croyez-moi, déposez sans regrets

Ces fers bruyants, 'cet appareil de guerre.

Et des Amours, sous vos pas indiscrets,

N'effrayez plus la cohorte légère.

Bi des beautés dont vous causez les pleurs, /

Nulle à vos traits ne se dérobe.

Contentez-vous, heureux vainqueurs,

De déchirer leurs tendres cœurs

Et ne déchirez plus leur robe.

64 COMÉDIES VAUDKVII.LKS

LEGRAND

Et je suis sûr qu'ils auront égard à la pétition.

BERNARD

Je vous remercie, monsieur, de m'avoir éclairé... Je vais me placer dans ma loge, et vous m'entendrez, (s'adressant au parterre.) J'espère maintenant que personne n'a plus de réclamations à faire.

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