SCÈNE XIV
Le Palais du Vaudeville.
Autour du VAUDEVILLE sont groupés TOUS LES ACTEURS du
VaudeyiUe, dans leurs divers costumes.
VAUDEVILLE
AIR : Ah ! qu'il est doux de vendanger! {Les Vendangeurs.)
Le Vaudeville, Dieu merci !
Reprend sa place ici.
Ah ! messieurs, jugez aujourd'hui
Quel bonheur est le nôtre,
En vous voyant aussi
Y reprendre la vôtre.
pouPARDiN. (Le Procès du Fandango.) Le jugement de Fandango
Ne fut qu'un long bravo; Changeant ainsi de nos procès
Les épines en roses.
Faites-nous désormais Gagner toutes nos causes.
M™« wiNTER, {La Belle Allemande.) Pour m' marier, — on m' dit chaqu' jour, —
Que j' suis trop sur le r'tour ; Mais aujourd'liui, j' croyons pouvoir
Allumer queuqu' tendresse.
Car le plaisir d' vous voir
Me rend tout' ma jeunesse,
l'affût. (Florian.) Garde-chasse de Florian,
L'Affût, depuis un an.
Pour tuer parfois votre ennui.
Charge, arme, vise, ajuste...
Ah! quel bonheur pour lui.
S'il a le coup d'œil juste !
EDMOND. {Les Deux Edmond.)
D'Edmond je suis le colonel,
Et pour vous, comme tel, Je veux qu'ici mon régiment
Soit en grande tenue ;
Oui, mais venez souvent
Le passer en revue.
LUCY. {Le Courtisan dans Vembarras.' Nous v'ià rentrés dans not' hameau ;
Messieurs, pour 1' maint'nir beau.
Plus d'un nouvel arbre fruitier.
Nous sera nécessaire ;
Mais j' conserv'rons entier
Tout not' ancien parterre.
M. DESBOUDOIRS. {Les Montugnes Russes,} Du Vaudeville chirurgien,
Quoiqu'il se porte bien, Pour mainte chute, mon emploi
Lui devient nécessaire;
Ici permettez-moi
De n'avoir rien à faire.
siJiPLET. (Le Mariage extravagant.)
Du pauvre diable de Simplet
Souv'nez-vous s'il vous plaît;
Et si notre maison des fous Mérita queuqu's éloges, Soyez aussi fous qu' nous, Et v'ncz remplir nos loges.
BLANCHE. (La Belle au bois dormant.)
Messieurs, la belle au bois dormant
Rêva dernièrement Qu'un doux bruit romprait le sommeil
Où le destin la plonge;
De cet heureux réveil
Réalisez le songe.
SANS-GÊNE. {Monsieur Sans-Gêne.)
Pendant dix jours j'ai voyagé.
Mais loin d'avoir changé, Mon seul désir est de vous voir
Ici, chaque semaine,
Aussi gênés le soir.
Que moi, je suis sans gêne.
NANCY. [Le Moulin Sans-Souci.)
Après avoir continueU'ment
Tourné vite et gaimont, D' la p'tit' meunier' de Sans-Souci,
L' moulin triste comme elle,
Pendant tous ces jours-ci
N'a battu que d'une aile.
l'atteignant. (Fanchon la vielleuse.)
Puisque l'on vient de rebâtir
Le temple du plaisir.
Si j'ai, pour maintenir sa loi.
Toujours prêché d'exemple.
.•\h ! messieurs, nommez-moi
Aumônier de ce temple.
TOUS LES VAUDEVILLES lOc
PAOLA. (Alfred-le-Grand.) Dans mon auberge vous revoir.
Messieurs, c'est mon espoir.
J'aurai, vinssicz-vous cent chez nous.
En fait de comestibles,
De quoi contenter tous
Les appétits possibles.
l'exempt. (Madame Favart.) Vous tous présents, de par la loi
De Momus, notre roi, Vous êtes, chaque soir, ici
Sommés de comparaître
Autant que vous voici,
Et j'ai bien l'honneur d'être.
CHÉRUBIN
Depuis que je ne vous ai vus,
J'ai quinze jours déplus; Mais, sans vos leçons, quinze jours
Sont une année entière.
Messieurs, guidez toujours
Votre jeune écolière.
RocHESTER. {VExil de Rochestc. "' Rochester va rouvrir céans
Sa taverne aux passants.
Messieurs, je conserve l'espoir.
Comme un prodige attire.
Que vous reviendrez voir
Un Anglais qui fait rire.
M™" FOLiGNAC. (Fandango.) Avant do cesser de vous voir.
Je dansais par devoir.
Puis, j'ai dansé, par le désir
De charmer votre absence.
Ce soir, c'est de plaisir;
Et donc, vive la danse !
LE COMTE ORY. (Le Comtc Orij.) Belles, vous qui du comte Ory,
Avez si souvent ri, ^^i, de vous, chacun en ces lieux Se changeait en abbesse, Il jouerait beaucoup mieux La chanson que la pièce.
PIGEON. ( Une nuit de la Garde Nationale.) Pigeon arrive d'Orléans
Et se revoit céans; Par même zèle transporté.
Vous plaire est le seul rùle
Dont son cœur soit flallé ;
Parlez... et Pigeon vole.
LAURE. (La Leçon de Botanique.) De la botanique en chansons
Je donne des leçons ; De grâce, ne soyez pas sourds,
Messieurs, à ma supplique;
Daignez suivre toujours
Mon cours de Botanique.
GASPARD l'avisé. [Gaspard l'avisé.)
Si vous aimez à r'voir Gaspard, Messieurs, prouv'ez-lui par
Un' défense à nos fseurs d' journaux D'oser, dans leur gazette, Débiter plus d' fagots Que lui dans sa charrette.
ARLEQUIN. lArchilecte.) Si l'architecte a réussi
Dans cet ouvrage-ci, Si son compas, si son niveau
Désarment la censure.
Messieurs, criez bravo
Sans règle ni mesure.
TiENNETTE. (Le Nouveau Pourceaiignac.) N'allez pas croire qu' ces gens-là Soyont c' qu'ils disent là :
J'ons des costumiers à Paris Aussi bien qu'à Limoges, Et j' les ons tous surpris S'iiabillant dans leurs loges.
LE