LES COMICES D ATHENES
THÉOr^E.
Il n'est plus ici, je l'ai vendu il y a quelques jours.
PHILOTIME.
Comment ! Machaon, mou esclave favori, qui était si bon cuisinier...
THÉONE
Vous n'en avez plus besoin, puisque les élections sont passées et que vous êtes nommé !
PHILOTIME.
C'est vrai, mais il fallait au moins me consulter.
THÉONE
Eh I avez-vous le temps de songer à ce smisôres-là ? vous qui, dans ce moment-ci, je le sais, avez des occupations...
PHILOTIME.
Oui, un repas de corps pour ce soir; je dois même prononcer un discours improvise.
THÉONE
Sans doute sur ce projet de loi, dont il a été question ce malin... Mon ami, qu'est-ce que c'est (jue ce projet de loi?
PHILOTIME.
Ab ! ça, c'est un article tur lequel je suis obligé de me taire .
THÉONE
Comment, mon ami!... Ah! je vois que vous ne m'aimez plus, puisque vous n'avez plus de confiance en moi... je suis bien malheureuse!
PHILOTIME.
Allons, voilà qu'elle pleure à présent ! Ma femme, ma chère Théone... je vous aime toujours.
THÉONE, avec dépit.
Ab I vous avez des seprets pour moi!... j'en aurai aussi pour vous... Croyez-moi, parlez, je le veux... je l'exige, ou
VOUS ne savez pas à ([uelles cxtrémilés la vengeance pcul me porter.
PHILOTI.ML", s'apiiroclianl de sa f^mmc. et d'un nir confiJenliel.
Adieu, je vais où mon devoir m'appelle; que Junon vous maintieimc en joie ! vous serez cause qu'on aura commencé sans moi les promicros libations.
THÉONE, le retenant.
Alli : Non, iiou, puint^de fai;o:i.
Non, non, répondez-moi,
Car ce mystère Excite ma colère; Non, non, répondez-moi :
\'ous parlerez ou vous direz pourquoi!
Parlez.
l'UILOTIME.
Je me lais...
TUKONE.
Pensez-vous ?
PHILOTIME.
Jamais.
THÉOXE.
Quoi! pas un seul mol?
PHILOTIME.
Eli ! c'est encor trop.
TIIÉONE.
Mes soins..,
PHILOTIME.
C'est assez...
Mou amour...
PHILOTIME.
Cessez.
LES COMICES d'ATHÈNES 181
THÉONE
Eh ! quoi, mes vertus,..
PHILOTIME.
Ne m'en parlez plus.
Ensemble.
THÉONE
Non, non, répondez-moi,
Car ce mystère Excite ma colère ; Non, non, répondez-moi :
Vous parlerez ou vous direz pourquoi.
PHILOTIME.
Non, non, eh! laissez-moi.
Je dois me taire Et je ne puis mieux faire.
Non, non, eh ! laissez-moi, Je dois me taire et je sais bien pourquoi.
(il sort.)