‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 23 sur 188 · SCENE XXII · texte numérisé non relu

SCENE XXII

Les mùies; LÉMINCÉ, CLAUDINE, BEAUVISAGE, Villageois et Villageoises.

LES villageois.

.-l/R .- Folie, folie, folie, (te /'y7)icc en goguette.)

Alerte, alerte, alerte !

Quel e&t ce bruit et ce fracas ?

.•yerle, alerle, alerte !

On n' s'entend pas. [Bia}

TOUS, parlant à la fois.

Qu'y a-t-il donc? Qu'y a-t-il donc ?... DLiiAZAnn.

Un instant, je mo cliarge d'être rapporteur. Père Lémincc... une accusation grave pèse sur vous dans ce moment, vous avez porté atteinte <à la propriété de monsieur. (Montrant Beauvisage.) Vous avcz fait disparaître son automate.

LÉMINCÉ.

Ce n'est pas vrai, il est là pour le dire... D"aiileur?, y al-ildcs témoins?

DLHVZAUD.

Il y en a.

LÉ.AHNCÉ.

Et quels sont-ils, s'il vous plait?

MÉCA'NIQL'E, sur son piédestal, d'un air solenne!, et sans remuer.

C'est moi I

Lli.MIXCh:, effrayé.

Eh ! mon Dieu! est-ce qu'il parle ?

MKCAMQ'JK.

Vous m'avez jeté dans le puits tout à l'heure.

DLIIAZARD/ à Lémincé.

Vous le voyez, il dit que vous l'avez jeté...

LKMLXCi:.

Ah! il dit que... Je vous demande pardon, c'est faux! car si vous étiez oùs ([ue vous dites... vous ne seriez pas où vous êtes...

MÉCAN1Q>UE.

Qu'on regarde plutôt dans le puits, on m'y trouvera sans connaissance... Ah ! méchant !

DUHAZARr».

Sans connaissance ; oh ! ciel !

LÉMIXCi:.

Ah çà ! il est ici, il est là- bas... C'est donc un démon"? Eh ben, oui, c'est vrai, oii est le mal? je l'y mettrais ben vingt fois, qu' ça n'y ferait rien, puisqu'il revient sur l'eau à volonté.

DUilAZARD.

C'est égal, c'est égal, mauvaise affaire pour vous, père Lémincé ! vous vous êtes exposé à des dommages et intérêts... Si même l'individu est grièvement endommagé... ça peut aller au criminel.

Lli-MIXCÉ.

Ah çà! un moment, un moment! qu'est-ce que vous parlez donc d'un individu "?

DLUAZAUD.

Il n'est plus temps de vous le dissimuler : c'est un homme orcranisi- comme vous et moi ; un amant que vous avez rc-

l'homme AUTOjfATE 3"î

poussé ce matin de votre cuisine... et que l'amour a métamorphosé en Iiomme de cire.

LÉMINCÉ.

Expliquez-vous donc, avec votre cire ! je commence à y voir clair. (.Montrant les villageois.) Je suis sùr qu'ils ont tous été attrapés. Au fait, c'est un joli talent.

DUIIAZARD.

Si vous m'en croyez, vous arrangerez cela paternellement; c'est le seul moyen d'éviter une procédure.

LÉMINCÉ.

Vous êtes bon là 1 est-ce que vous croyez que ma fille voudrait d'un Olibrius pareil?

CLAUDINE

Ah ! mon papa, je ne demande pas mieux.

LÉMINCÉ.

Ail ! tu ne demandes pas mieux? Dites donc, docteur... une fille et un procès de moins, c'est tout bénéfice. Eh bien, va pour l'hyménée, et /taf voluntas...

BEAU VISAGE

Un instant, ne perdons pas la tète, songeons à la représentation de ce soir, et n'oublions pas qu'il y a public.

VAUDEVILLE

AIR .-EntenJs-tu l'appel qui sonne. (Une Suit de la garde nationale.}

BEAUVISAGE

Vous autres, que l'on s'apprùle, En avant-deux la queu' du chat !

Du village c'est la fûto, 11 faut décocher l'entre-chat.

TOUS

Vous autres, que l'on s'apprûlc, etc.

Scribe. - OF.avres complètes. 11°»^ Série. — G "c Vol. - 3.

BEAUVISAGE

.il H de Madame Scarion.

A l'aspect d'une jeunesse

L' cœur qui s'agite soudain,

L' Champagne qui mouss' sans cesse,

La rivièr' qui coul' sans fin,

Et le pot-au-feu lui-même

Qui s'enfuit en bouillonnant.

Tout consacre 1' système

Des lois du mouvement.

LÉMINCÉ.

Ma tendresse, peu jalouse

Des trésors de la beauté,

Avait fait choix d'une épouse,

Prodige d'activité ;

Quelle femme ! je m' rappelle

Qu' pendant trente ans, constamment.

Sa langue fut fidèle.

Aux lois du mouvement.

DUIIAZARD.

Quand le Français aime à croire Qu'il reçut l'agilité Pour voler après la gloire, Courir après la beauté, '

L'Anglais dit :

(imitant le jargon anglais.)

11 est notoire Que le ciel uniquement.

Créa pour la mâchoire

Les lois du mouvement.

MÉCANIQUE, au public.

Personnage incomparable, Que rien ne peut émouvoir.

D'un aulomat' véritable J'ai joué le rôl' ce soir ;

L HOMME AUTOMATE

Mais quand je cesse de l'être, Que vos mains en ce moment

N'aillent pas méconnaître

Les lois du mouvement !

TOUS

Vous autres, que l'on s'apprête, etc.

COMEDIK-VAUDEVILLK EN LN ACTE

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