SCENE XIII
Les mêmes; TOM.
TOM, arrivant tout essoufflé.
Ah ! monsieur, si je n'ai pas crevé un cheval, peu s'en l'aut ; vingt-cinq minutes pour aller d'ici à l'hôtel et pour en revenir.
VICTOR
Eh bien ! as-tu vu ma cousine ? lui as-tu parlé ? estelle inquiète de mon absence?... Mais réponds donc, bour reau!
TOM, soupirant.
Votre cousine, monsieur!... armez-vous de courage !l
VICTOR
Comment?
COURTOIS
Encore un événement !
TOM
Tout l'hôtel est sens dessus dessous ; on ne sait ce que mademoiselle est devenue !
VICTOR, troublé.
Elle n'était pas chez mon oncle ?
TOM
Non, monsieur... disparue depuis sept heures du malin ; et il faut que ce soit quelque chose de bien terrible, car j'ai interrogé toute la maison : impossible d'en tirer un seul mot!
VICTOR
Et la femme de chambre n'a pu t'instruire?...
TOM
Si fait, monsieur... des demi-mots... Enfin...
VICTOR
Enfin?...
TOM
Enfin , monsieur , je croirais que mademoiselle est enlevée.
VICTOR
Enlevée ! ma cousine ! Et mon oncle?...
TOM
Parti aussi depuis quelques lieures, pour l'avenue de Neuilly.
II sera à sa poursuite. Je le trouverai, je le tuerai !
COURTOIS
Et qui?
VICTOR
Le ravisseur, quel qu'il soit...
COURTOIS
Et de trois !... Ah çà ! tâcliez donc de connaître une seule des personnes avec qui vous vous battez !
VICTOR
L'avenue de Neuilly ! Et mais ! c'est de ce côté, (a courtois.) Et vous qui ne quittez pas cette place, vous n'avez rien vu?
COURTOIS, à part.
Ah! quelle idée ! (Haut.) Si fait, pardonnez-moi, je crois me rappeler... (a pari.) Et nos deux adversaires qui vont arriver ! il n'y a que ce moyen.
VICTOR, avec impatience.
Et VOUS ne me le dites pas!... Mais parlez donc, je vous en conjure !
COURTOIS, cherchent.
Attendez, attendez ! que je me remette sur la voie ; nous
150 COMÉDIES — V.VUDEV[LLES
disons que c'est voire cousine, la nièce de M. votre oncle, une jeune personne fort agréable...
VICTOR
Charmante !
COLRTOIS.
C'est cela ; une mise élégante ; elle avait l'air bien affligé...
VICTOR
Mais vous l'avez donc vue, encore une fois?
COURTOIS
Certainement, avec un jeune officier, dans une calèche. (a part.) 11 n'y a que ce moyen-là de le faire partir.
VICTOR
Avec un officier! Vite, Tom, à cheval 1
Voilà, monsieur.
VICTOR, agile.
AIR : Mon cœur à Tespoir s'abandonne. (Caroline.)
Courons sur les pas du perfide Qui veut détruire mon bonheur.
Bientôt, dans ma course rapide, J'aurai puni le ravisseur. [Bis.) SI je perds celle qui m'est clière, Si mon espoir doit me tromper, Je sais ce qui me reste à faire...
(Porlani la main sur les pistolets que Tom tient.)
COURTOIS
Allons, je ne puis l'échapper!
Ensemble.
VICTOR
Courons sur les pas du perfide, etc.
Courez sur les pas du perfide, etc.
( Victor sort avec Tom.;