ADÈLE, AMÉLIE, SOPHIE
ADELE, les voyant entrer.
Sophie !... Améhe !...
AMÉLIE
Eh ! oui... tu vois que tout le monde ne t'abandonne pas.
Et que nous te sommes fiilèles dans le malheur... 11 y a si longtemps que je veux venir te voir... mais j'ai eu trois hais cette semaine.
DIX ANS DE LA VIE d'UNE FEMME 201
AMÉLIE
El moi donc? du monde tous les jours.
ADÈLE
Vous recevez... vous allez au bal... vous êtes bien heureuses.
SOPHIE
Mais toi, pourquoi cet air plus soucieux encore qu'à l'ordinaire ?
ADÈLE
On le serait à moins : ma sœur me quitte à l'instant, elle veut que j'écrive à mon mari.
AMÉLIE
A ton mari ?
Tu deviens absurde !
Pourquoi donc?
SOPHIE
Comment, pourquoi? mais ne vois-tu pas que Clarisse n'est venue ici que de sa part ; c'est ton mari lui-même qui l'envoie : il est plus impatient que toi de te revoir, car il t'aime et tu ne l'aimes pas.
Il est désolé de l'éclat qu'il a fait.
SOPHIE
Et ne demande qu'un prétexte pour ee raccommoder.
ADÈLE
Oui ! oui !... c'est possible... Si cependant vous vous trompiez, que dcviendrais-je ? Car enfin vous en parlez bien à votre aise toutes deux ; vos maris sont riches et ne voient rien... que vos mémoires qu'ils ont la bonté d'acquitter; mais moi, à qui il ne reste rien de mes splendeurs passées.... rien que ce goût de dépenses... ces habitudes de luxe auxquelles
SOPHIE
ADELE.
on ne peut renoncer, et qui sont devenues pour moi comme une seconde nature... que ferais-je?
AMÉLIE
Es-tu bonne de t'inquiéter ainsi, et de pensera l'avenir!... Tu n'as que de beaux jours à espérer, que des plaisirs, du bonheur en perspective...
ADÈLE
El comment cela?