I.-ri. IS
SOPHIK.
J'ai été la vendre chez b joaillier notre voisin ; un vieux, qui l'a regardée bien attentivement, puis il m'a dit : « De qui tenez-vous cette chaîne ? — D'une dame de mes amies. — Qui est-elle? — Que vous importe? — C'est que, a-t-il ajouté en feuilletant un registre, cette ciiaîae, à ce qu'il me semble, est au nombre des objets qui, lors de l'affaire Léopold, nous ont été signalés par la police. »
Ah! mon Dieu !
SOPHIE
Alors, que te dirais-je ? J'ai perdu la tite ; et craignant es explications, je me suis enfuie de sa boutique en lui laissant la cliaîne.
ADÈLE
Qu'Ile imprudence !
SOPHIE
Je le sais bien ! car il a appelé ses garçons ; et si l'on m'a suivie de loin et vue entrer ici...
ADÈLE
On ne sait pas qui tu es ?
SOPHIE
Pout-ètre ! Car j'ai rencontré e:\ montant ta propriétaire.
CRÉPONXE.
Que nous ne connaissons pas.
ADÈLE
Il y a ;\ peine quelques jours que son mari a acheté cette maison.
SOPHIE
Et sais-tu quelle est cette fomm?? C'est notre ancienne amie.
ADÈLE
Amélie deLaferricr?
DIX ANS DE L .V V I E D ' U N E F E il M E 315
SOPHIE
Elle-m'mc, dont le mari a continué à f.iirc fortune.
CRÉi'ONNE.
Et qui est toujours restée au pinacle !...
SOPHIE
Tandis que nous...
(On frappe en dehors. Mouvement d'effroi.) CRÉPONNE, nprùs un long silence.
On a frappé.
APELE, avec terreur.
N'ouvre pas !
SOPHIE
Seraient ce déjà les gens de justice qui seraient sur tes traces
ADÈLE
Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines.
CRÉPONNE, à part.
Et le médecin qui a dit que la moindre émotion la tuerait! (Haut.) Qui va là?
UNE VOIX d'homme, en dehors.
Est-ce ici madame Laurencin ?
CRÉPONNE.
Oui.