DIX ANS DE LA VIE D ' U N E FEMME
ADELE, épouvantée.
Won mari ! sauvez-moi, sauvez-moi !
DARCEV.
Cette femme est AdT'le ?
ADELE, dans le délire.
Non, non, ce n'est pas elle, ne le croyez pas.
CLARISSE, à Daroey.
Mon frcrc ! mon frère 1 ne l'accablez pas.
DASCEY, avec calme at dignité.
N'ayez nulle crainte, elle est oublic^e depuis longtemps.
CLARISSE
Oh ! vous lui pardonnerez...
ADÈLE
Darcey, ne me dis lieu, je vais mourir.
CLARISSE
Un mol, un mot (jui la console...
ADELE se lève soutenue par Crt'ponne et se dirige vers Darcey.
Darcey, j'ai été bien coupable; mais aussi j'ai bien souffert. Pardonne, pardonne-moi ! Au nom démon pauvre père, ne me maudis pas, Darcey, grâce ! grâce !
D\RCEY.
Jamais !
[Adèle jette un cri et tombe sur son fauteuil.)
Mais moi, je te pardonne, je t'aime; ma sœur, que ces derniers mots frappent ton oreille, que la main d'une amie ferme tes yeux, [a Darcey.} Mon frère, quelle rigueur ! Oh ! venez, venez !...
DARCEV, se laissant enlrainer, dit à Valdéja qui le pousse vers Adèle. Tu le veux? eh bien!... (En ce moment Adèle rend le dernier
so'ipir.; Dieu ! il n'est plus temps.
VALDÉJA.
Elle expire ! (a Amélie et à Sophie.) Eh bien ! femmes, prenez ce cadavre ; prenez-le donc, il est à vous. Vos œuvres méritaient un salaire, le voilà ! Honte à vous et à toutes vos semblables ! (a Darcey.) A toi, la liberté !
DARCEY, lui montrant Clarissi-.
Et à toi, je l'espère, bientôt le bonheur !