‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 191 sur 223 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

KOLLER, à l'extrémité du théâtre, à gaucho, GŒLIIER, CHRIS- TINE, FALKENSKIELD, RANTZAU, à r-vtrémité, ù droite.

F.VLKEXSEIELD.

Rassurez-vous! ces cris ([tii) l'on e;itend dans ij loiulain n'ont plus rien d'crtiayaiU.

GOELIIER.

Je le disais bien... cela ne pouvait pas durer

CHRISTLXE.

Tout est donc Lerniiué ?

FALKEXSKIELD.

Pas encore! mais cela va mieux.

RANTZAL" ET KOI.LER, c'i.nniti à ji.irt. et d'un nir Hclié.

Ah ! mon Dieu ! . . .

F.VLKEXSKIEL^.

On avait beau rtîpeter à la multituilc que l'on n'avait pas attenté à la liberté de Rurkenstaff; que lui-même, sans doute par prudence ou par modestie, avait voulu se dérober aux lionnein-s qu'on lui préparait, et se soustraire à tous les regards.. .

RANTZAU

Au moment d'un triomphe, ce n'est guère vraisemblable.

FALKEXSKIELD.

Je ne dis pas non ; aussi on aurait eu peut-être de la pehie à convaincre ses partisans, sans l'arrivée d'un régiment d'infanterie, sur lequel nous ne comptions pas, et qui, pour se rendre k sa nouvelle garnison, traversait Copenhague tambour battant et enseignes déployées. Sa présence inattendue a changé la disposition des esprits ; on a commencé à s'entendre ; et, sur les assurances réitérées qu'on ne négligerait

rien pour recliercher et découvrir Raton Burkenstaff, chacun s'est retiré cliez soi, excepté quelques individus qui semblaient prendre à tâche d'exciter et de continuer le désordre.

KOLLER, à part.

Ce sont les nôtres !

FVLKENSKIELD.

On s'en est enq)aré.

KOLLER, à part.

Ciel !

Et comme, cette fois, il faut en finir...

GŒLHER.

C'est ce que je répète depuis ce matin.

FALKENSKIELD.

Comme il ne faut plus que de pareilles scènes se renouvellent, nous sommes décidés à prendre des mesures sévères.

RANTZAU

Quels sont ceux qu'on est parvenu à saisir?

FALKENSKIELD.

Des gens obscurs, inconnus...

KOLLER

Sait-on leurs noms?

FALKENSKIELD.

Ilermann et Christian.

KOLLER, à part.

Les maladroits !

FALKENSKIELD.

Vous comprenez que ces misérables n'agissaient pas d'euxmêmes, qu'ils avaient reçu des instructions et de l'argent ; et ce qu'il nous importe de connaître, ce sont les gens qui les font airir.

BEnTHANI) ET RATON 401

UANTZAi;, regardant KoUer.

Les nomrncront-ils?

Sans doute!.., leur grâce s'ils parlent, et fusillés s'ils se taisent, (a Rantzau.) Je viens vous prendre pour les interroger et arriver par là à la découverte d'un complot...

KOLLER, s'avançant vers Falkenskield.

Dont je crois tenir déjà quelques ramifications.

FALKENSKIELD.

Vous, Koller!...

KOLLER

Oui, monseigneur, (a part.) Il n'y a que ce moyen de me sauver.

RAMZAU.

Et pourquoi ne pas nous avoir fait part plus tôt de vos lumières à ce sujet?

KOLLER

Je n'ai de certitude que d'aujourd'hui, et je m'étais empressé d'accourir. J'attendais la fin du conseil pour parler au comte Struensée ; mais, puisque vous voilà, messeigneurs...

FALKENSKIELD.

C'est bien... nous sommes prêts à vous entendre.

CHRISTINE, qui était au fond avec Gœlher, a redescendu le théâtre d« quelques pas.

Je nie retire, mon père.

FALKENSKIELD.

Oui, pour quelques instants.

Messieurs...

(Elle leur fait la révérence, sort par la porte A gauche ; Gœlher la reconduit par la main jusque-lù, et se dispose à sortir par le fond.)

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