‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 212 sur 223 · JEAN, RATON, MARTHE · texte numérisé non relu

JEAN, RATON, MARTHE

RATON, A Marthe et A Jean qui entrent par la petite porte à gauche.

Eli liion ?

JEAN, tristement.

Cela va mal... tout est traiKuiille !

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Les rues sont désertes, les liotitiquos sont fermées, les ouvriers que nous avons envoyés ont eu beau crier : Vive BurivcnstalT! personne n'a répondu !...

UATOX.

Personne!... c'est inconcevable!... des gens qui m'adoraient hier !... qui nie portaient en triomphe... et aujourd'hui ils restent chez eux 1

JEAN

Et le moyen de sortir? Il y a des soldats dans toutes les rues.

RATON

Vraiment ?

JEAN

Les portes de nos ateliers sont gardées par des piquets de cavalerie.

RATON

Ah ! mon Dieu !

MARTHE

Et ceux des ouvriers qui ont voulu se montrer ont été arrêtés à l'instant même.

RATON, effrayé.

Voilà qui est bien différent. Écoutez donc, mes enfants, je ne savais pas cela. Je dirai à la reine mère : Madame, j'en suis bien fâché ; mais à l'impossible nul n'est tenu, et je crois que ce que nous avons de mieux à faire est de retourner chacun chez nous.

MARTHE

Ce n'est plus possible, notre maison est envahie ; des trabans de la garde y sont casernes ; ils mettent tout au pillage ; et si vous y paraissiez maintenant, ils ont ordre dc vous arrêter et peut-être pire encore.

RATON

Mais ça n'a pas de nom ! c'est épouvantable ! c'est d'un arbitraire... Et oî nous cacher maintenant?

MiRTIlE.

Nous cacher ? quand il s'agit de la vie de mon fils, quand on dit qu'il vient d'être condamné?

RATON

Est-il possible ?

MARTHE

C'est vous qui l'avez voulu ; et maintenant que nous sommes en danger, c'est à vous de nous en retirer ; il faut agir : décidez quelque chose.

RATON

Je ne demande pas mieux, mais quoi?

Les ouvriers du port, les matelots norwégicns sont en liberté ; ceux-là ne reculeront pas ; et en leur donnant de l'argent...

MARTHE, viveiiient.

Il a raison!... De l'or! de l'or ! tout ce que nous avons!

RATON

Permets donc...

MARTHE

Vous hésiteriez ?

RATON

Du tout ; je ne dis pas non, mais je ne dis pas oui.

JEAN

Et qu'est-ce que vous dites donc ?

RATON

Je dis qu'il faut attendre.

BIARTHE.

Attendre!... et qui vous cmprchc de prendre un parti?

JEAN

Vous (Mes le chef du peuple.

RATON, avec colère.

Certainement, je suis le chef! et on ne me dit rien, on ne me commande rien ; c'est inconcevable !

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