‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 48 sur 223 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

BATHILDE, qui est sortie de l'alcôve aux derniers mots de Zambaro ;

ZAMBARO.

BATHILDE, pâle et agitée.

Me voici ; que me voulez-vous ?

ZAMBARO, se retournant.

C'est toi ! et d'où sors-tu donc?

BATHILDE, troublée.

Je ne sais; j"ai entendu votre voix, des menaces...

ZAMBARO.

Mon enfant, la chance a tourné, cela va mal pour moi ; mais te voilà, peu m'importe. Prends ces papiers, que je craignais qu'on ne me ravît, et ([ui assurent à jamais ton sort. Toi, tu es libre... ces sentinelles te laisseront sortir. S'il est encore temps de me sauver, essaye-le ; sinon, s'il faut mourir, je le ferai sans regrets; car tu n'as plus besoin de moi.

BATHILDE

Que dites-vous ?

Que tu as maintenant des parents, un appui ; que ces pa-

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piers que mon tivrc ni'atirossait te l'eront recoiriaitre cIuulilhistie t'itiiiillc.

HATHILDE, avec joie.

11 serait vrai Lionel ! Lionel !... je l'appelle en vain, il Cbt parti ; il va surprendre le gouverneur !

ZAMBAnO, avec effroi.

Que dis-iu?

BATIIILDE, avec joie et exaltation.

Oui, oui, c'est moi, moi qui lui en ai donné les moyens ! Grâce au mot d'ordre que je lui ai confié, il peut parvenir jusqu'à lui et l'immoler.

ZAMBARO.

L'immoler... qui? ton père !

BATHILDE

Milord Gage !

ZAMBARO.

Lui-même.

BATHILDE, reculant d'effroi.

Ah ! je devais doro trahir tout le monde ! J'ai beau faire, le crime m'environne et j'y retombe toujours. Courons, courons, il est peut-être temps encore ; courons sauver mon père, et mourir avec Lionel.

(Elle s'élance vers la porte et disparaît. Zanibaro veut la suivre ; deux factionnaires se présentent et croisent leurs fusils pour lui fermer le passage.)

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