‹ Œuvres complètes de F. BaucherChapitre 173 sur 183 · CÔTÉ · texte numérisé non relu

CÔTÉ

L’expression de fermer, comme synonyme de faire fuir les hanches ou de pas de côtés ou de marcher de deux pistes, est un non-sens. On ouvre et on ferme un changement de main; ainsi l'on dit : Il a bien fermé son changement de main, ou : Il est arrivé bien droit d'épaules et de hanches sur la piste.

page 102.

Encore une citation curieuse :

« Ce sera au cavalier à balancer l’action de ses aides ; si » le cheval pousse trop précipitamment ses hanches à » droite, on atténuera ce mouvement par l'action de la » jambe droite, en diminuant celle de la gauche; si le- » paule ne se porte pas assez à droite, ou l’on écartera la » rêne droite, ou l’on portera la main gauche dans cette » direction. »

Décidément M. d’Aure a fait un traité bien amusant.

« II est bon, pour apprendre à un cheval à marcher » ainsi, de le mettre vis-à-vis d'un mur ; la tête étant main-

» tenue, la main n'aura pas besoin d'une action aussi grande » (M. d’Aure pourvoit à tout), et il recevra plus froidement » cette leçon; on peut même commencer ce travail sans » monter le cheval, etc. »

Est-ce pour qu’il apprenne à bien croiser les jambes ou à connaître l'impuissance, la faiblesse du cavalier?

Les pas de côté ne doivent se commencer qu’après avoir fixé le cheval dans la main, position indispensable pour lui rendre sensibles tous les effets de force du cavalier. Je ne suis pas d’avis, comme l’indique l’auteur, de commencer ce travail par la tête au mur ; j’en ai expliqué les raisons dans mes écrits. Je m’oppose surtout à ce que le cavalier donne ces premières leçons à pied avec l’aide d’une gaule ; car, en admettant que le moyen de l’auteur fût plus compréhensible pour le cheval, ce que je conteste, il faudrait encore le rejeter, puisqu’il priverait le cavalier de faire usage de l’ensemble de ses mouvements, ensemble auquel on ne saurait jamais assez avoir recours. En second lieu, les positions du cheval ne sont pasdu tout les mêmes, lorsqu’il est tenu par la main, à pied, que lorsqu'il est monté. En suivant les doctrines de M. d’Aure, on ne saurait donc obtenir qu’un travail embrouillé pour le cheval et anti-équestre pour le cavalier.

PAGE 108. — CHANGEMENT DE PIED EN l’AIR.

Passons aux moyens :

« Le cheval étant à droite, je veux passer à gauche : » j’use du moyen indiqué, seulement je fais agir simulla- * ncment mes mains et mes jambes; ainsi, galopantà droite » au moment où je veux passer à gauche, je marque un ar- » rêt de la bride, assez fort pour arrêter le développement » de l’épaule droite, qui marche la première; et en même » temps je fais agir mes jambes avec plus d’action, en exi-

» géant plus de la droite que de la gauche, afin de pousser » la hanche gauche à gauche. »

L’auteur se représente, à ce qu’il parait, le cheval comme une pâte molle, qui, dès les premiers mouvements, ne présentera aucune résistance, aucune opposition, pour se soustraire à l’obéissance , et neutraliser l’action du cavalier.

Est-ce, par hasard, au moyen des principes indiqués précédemment par l’auteur, que ce même cavalier serait parvenu à faire acquérir au cheval le degré d’assouplissement nécessaire? Je ne le pense pas ; alors, que deviendront les mouvements de main et de jambes si naïvement indiqués par l'auteur? Il faudrait écrire un ouvrage en quatre volumes, pour donner quelque apparence d’utilité au Traité d'équitation de M. d'Aure, et j’avoue que je ne me sens pas ce courage ; les conseils de l’auteur seraient sans fruit s’ils étaient donnés oralement, et à plus forte raison doivent-ils être incompréhensibles et stériles sur le papier.

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