‹ Œuvres complètes de F. BaucherChapitre 175 sur 183 · PAGE 119. — DES CAUSES QUJ PRODUISENT LES DÉFENSES · texte numérisé non relu

PAGE 119. — DES CAUSES QUJ PRODUISENT LES DÉFENSES

« Plusieurs causes peuvent éloigner un cheval de l'obéis- » sance : 1* l’ignorance ; 2° la faiblesse ou le manque d'ha- » leine ; 3° la mauvaise vue ; 4* les souffrances ; 5° la folie » ou l’immobilité.» (On prétend que l’avant-dernière de ces maladies est contagieuse, et qu’on a vu des cavaliers en être atteints. (Voir plus loin la note, page 621.)

Toutes les défenses, quelle qu’en soit la cause, se manifestent par une roideur générale ou partielle qui paralyse ou isole toutes les parties du cheval, ou seulement quelques-unes ; il faut donc commencer par assouplir chacune de ces parties pour les faire concourir à l’harmonie du mouvement; alors, mais alors seulement, toutes les défenses disparaîtront.

page 123. — SUITE.

Ici l'auteur suppose « qu’un cheval devant tourner à » droite, et s’y refusant par une raison quelconque de » souffrance ou de volonté, se dérobe à gauche ; générale- » ment l'homme qui le montera, pour le faire tourner à » droite, ouvrira la rêne droite et résistera sur cette rêne

» tant que le cheval n'aura pas cédé. B arrive alors que par » cette action trop répétée de la rêne droite, le cavalier » offense la barre droite de manière à la rompre (les cava- » liers de M. d’Aure sont terriblement énergiques !), ou à » lui donner une sensibilité telle qu’il ne répondra plus à * ce mouvement d’attraction (il est ingénieux le mouve- » ment d'attraction I), qui, tendant à porter sa tête à droite, » entraînerait la masse de ce côté, tandis qu’au contraire, » cédant à la sensibilité qui lui vientde droite, il se portera » à gauche et s’y jettera d'autant plus qu’on agira davantage » sur la rêne droite, qui souvent, dans ce cas, pliera bien » l’encolure à droite, mais fera reculer la tête de façon à » ce que le mouvement de l’épaule droite étant arrêté, il » faudra absolument que le cheval s’échappe à gauche si » l’on continue à le tenir en mouvement. Le seul moyen de » porter remède à ce mal c’est de rétablir l’équilibre de la » sensibilité dans la bouche du cheval, d’offenser, s’il est » nécessaire, la barre gauche, afin de faire tourner le che- » val à droite par la résistance de la rêne gauche ainsi que » par l’action des jambes, qui maintiendront ses hanches » vis-à-vis des épaules.»

Je suis tenté de demander pardon au lecteur d’avoir copié en entier cette monstrueuse fin de chapitre; mais comme elle a vu le jour en 1834, elle est assez curieuse, assez divertissante pour être reproduite.

M. d’Aure ne semble-t-il pas vouloir faire marcher l’art à la manière des écrevisses ? Comment ! si un côté de la bouche du cheval a été brutalement maltraité par suite de l’impéritie du cavalier, il faut offenser l’autre côté afin que les deux barres soient en harmonie (1) I La critique est

(1) M. le baron de Curnieu alla trouver un jour l’auteur d’un pamphlet, ami et collaborateur de M. d’Aure, et lui demanda ce qu’il penserait d’un écuyer qui donnerait ce principe : « Fracasser la barre d'un cheval afin de l'harraoniser avec l'autre barre qui aurait été offensée par le cavalier? • Le pamphlétaire s'indigna,

aisée, et l’art comme ('entend M. d'Aure n'est pas difficile.

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