VI AVERTISSEMENT
ter que des résultats généraux, en négligeant les détails que nous supposions bien connus.
Les discussions qu'a fait naître une question philosophique traitée dans le XIIP chapitre de Y Essai y question d'une extrême importance et qui tient à la racine même du christianisme et de la raison humaine, nous ont appris ce que nous ignorions, c'est qu'aujourd'hui Ton s'occupe très peu d'étudier l'antiquité , qu'on la connoît à peine , et que si nous ne donnions pas toutes les preuves des propositions les plus incontestables , et que jusquelà il nous avoit paru suffisant d'énoncer, on les regarderoit comme des paradoxes , et que nous manquerions entièrement notre but. Il ne nous étoit plus dès lors permis d'hésiter.
Au reste , en exposant la tradition du genre humain sur les dogmes qui sont le fondement de la Religion chrétienne , en citant les textes au bas des pages, afin qu'on puisse juger de notre exactitude et de notre bonne foi , nous avons bien prévu qu'on nous accuseroit de prouver longuement ce qui n'avoit pas besoin de preuves; mais si nous nous étions épargné
AVERTISSEMENT. VÏI
le travail de les recueillir, ceux-là même qui nous feront ce reproche auroient dit que nous avançons ce qui n'est pas prouvé. Placés ainsi entre deux inconvéniens , celui d'ennuyer peutêtre, et celui de ne convaincre qu'un petit nombre de nos lecteurs, nous nous sommes décidés pour le parti qui ne pouvoit compromettre que notre amour-propre , et qui nous sembloit le plus favorable aux intérêts de la vérité.
Que cette vérité sainte pénètre dans les esprits : il importera peu ensuite qu'on critique ou qu'on approuve la méthode que nous avons adoptée.