ACTE TROISIEME
MADAME DE BRKTTEVILLE.
Vas en paix, chère enfant, de tous mes vœux suivie! Cherche à Londre un repos que le ciel nous envie. Va, — c'est moi qui l'exige, et Dieu, j'en ai la foi. T'y rendra le bonheur que j'ai reçu de toi.
CHARLOTTE, A part.
Si quelqu'un lui disait, ô pauvre cœur de mère, Que je vais à Paris et ce que j'y vais faire !
Elle prend les mains de sa tante et les porto à ses lèvres. Haut.
En vérité, je pars avec tant de regrets
Que, si vous consentiez, eh bien, — je resterais.
MADAME DE BRETTEVILLE
Oh! non. C'est là, ma fille, une mauvaise idée! Tu sais bien que tantôt je t'ai persuadée.
Non, non, pars tout de suite!
Bile l'embrasse.
Adieu, mon cher trésor!
Elle la rappelle et l'embrasse do nouveau.
Pour la dernière fois, viens m'embrasser encor!
Elle la rappelle encore.
Ah!... Tiens, prends cette bourse où j'ai mis ma réserve*
Elle lui donne un reliquaire.
Garde cette relique ; — il se peut qu'elle serve.
Charlotte fait quelques pas pour sortir.
Ah!... Sois prudente au moins ! — Ne marche pas de nuit-
— Regarde autour de toi pour voir si l'on te suit.
— Veille à ton passe-port. — En montant en voiture , Informe-toi d'abord si la route est bien sûre.
— Ne réponds à personne. — Évite les passants.
— Ne te mets pas en mer par des temps menaçants.
— Écris-moi; dis-moi vite, aussitôt débarquée, Si tu trouves quelqu'un à la place indiquée.
— Adieu , Charlotte !
(III A R LOTTE s'éloigne, puis regardant douloureusement
sa tante avant de sortir.
Hélas ! j'emporte ce remord !
Elle mourra, c'est sûr, en apprenant ma mort.