‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 176 sur 220 · CHARLOTTE, LA PETITE FILLE, LA JEUNE FEMME · texte numérisé non relu

CHARLOTTE, LA PETITE FILLE, LA JEUNE FEMME

LA JEUNE FEMME, à Charlotte.

(iette enfant vous ennuie; excusez-moi.

Elle veut emmener l'enfant, que Charlotte retient. CHARLOTTE.

Non pas; Je prends plaisir à voir ses gracieux ébats.

LA JEUNE FEMME, s'asseyant près de Charlotte.

Avez-vous donc, vous-même, une petite fille?

CHARLOTTE

Je suis seule en ce monde, et n'ai point de famille.

LA JEUNE FEMME

Si jeune et toute seule à Paris! — Mais, du moins. Vous avez des amis qui vous donnent leurs soins?

CHARLOTTE

Je n'y connais personne, et n'y suis pas connue; Pour la première fois, hier, j'y suis venue.

308 CHARLOTTE CORDAV.

LA JEUNE FEMME

Je comprends ; vos parents sont peut-être en prison ,

— Ou morts, — et c'est pourquoi vous fuyez la maison?

Charlotte ne répond pas. «

— Pardon; je renouvelle ainsi votre tristesse; Mais c'est qu'en vérité votre sort m'intéresse.

Que ferez-vous, bon Dieu! sans amis, sans parent. Isolée , au milieu de ce Paris si grand !

— Où logez-vous?

CHARLOTTE

Dans un hôtel.

LA JEÛNE FEMME

Quelle ressource Avez- vous, pauvre enfant?

CHARLOTTE

J'ai de l'or dans ma bourse.

LA JEUNE FEMME

Et cet or épuisé...? Savez-vous un état?

CHARLOTTE

Aucun.

LA JEUNE FEMME

Cela se voit à votre air délicat ; Mais , quoique le travail soit pour vous chose neuve , 11 faut s'y résigner en ces moments d'épreuve.

— Écoutez-moi : je suis la femme d'un luthier; Nous gagnons notre vie à cet humble métier.

Pour un hôte de plus ma table est assez large; Venez ; ne craignez pas de nous être une charge ; Aux travaux de notre art je puis vous employer. Et l'œuvre de vos mains palra votre loyer.

Vous êtes heureuse?

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