‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 180 sur 220 · L ORATEUR · texte numérisé non relu

L ORATEUR

LES CITOYENS

Non.

l'orateur.

Mieux nourris?

LES CITOYENS

Non. Non.

l'orateur.

C'est la même misère, Pire encor. — Nous manquons même du nécessaire.

LES CITOYENS

C'est vrai. C'est vrai.

l'orateur.

Pendant que nous mourons de faim.

Les ennemis du peuple, eux, ont toujours du pain.

les CITOYENS.

C'est vrai.

l'orateur.

Les beaux hôtels , les tables délicates Sont, comme auparavant, pour les aristocrates.

les CITOYENS.

Oui.

QUATRIEME CITOYEN

C'est la vérité.

l'orateur.

Si bien que ces fripons Sont plus heureux, vaincus, que nous qui triomphons. — Est-ce juste?

3U CHARLOTTE CORDAV.

LES CITOYENS

Non. Non.

l'orateur.

Savez-vous à quoi senent Tous ces gros revenus que les riches consei'vent? A tramer des complots, à chercher les moyens D*ôter la subsistance aux pauvres citoyens !

QUATRIÈME CITOYEN

Canaille !

Vous voyez comme le pain est rare!

DEUXIÈME CITOYEN

On n'en a plus.

l'orateur.

Pourquoi? Parce qu'on l'accapare.

PLUSIEURS CITOYENS

Mort aux accapareurs !

DEUXIÈME CITOYEN

Tuons-les ! nous aurons La farine et le reste au prix que nous voudrons.

l'orateur.

On fait jeter le blé dans l'eau! Cette semaine, On en a retrouvé cent setiers dîins la Seine.

PREMIER CITOYEN

Abomination !

QUATRIÈME CITOYEN

Le pain des pauvres gens !

DEUXIÈME CITOYEN

Dont on eut pu nourrir un millier d'indigents !

l'orateur.

Dehors, on nous assiège; ici, l'on nous affame.

Page 1