‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 53 sur 220 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Quand il faut tout oser, il semble que j'hésite. Tu n'as pas, comme moi, vu quel air de grandeur A Lucrèce oflensée imprimait la pudeur, £t quelle majesté , rayonnant dans son geste , Couronnait de terreur son port simple et modeste. Une auguste colère éclatait dans son œil, Qui de mon œil vaincu faisait baisser l'orgueil ; Son silence pesait sur ma langue oppressée Où mourait impuissant TefTort de ma pensée ; Et, venu pour frapper son esprit, c'était moi Qui d'un respect nouveau reconnaissais la loi. Oii donc la chasteté prend -elle cet empire.

Que, devant un regard, ma hardiesse expire?

SULPICE

Ainsi vous comptiez trop sur vous-même, tantôt, Quand vous disiez : a Je veux Lucrèce ; il me la faut. »

SEXTUS

Qu'elle est fière 1

SULPICE

Le cœur vous a failli.

SEXTUS

Sulpice , Jusqu'où des visions peut aller le caprice !

J'entrevis tout à l'heure, ici, vers cet endroit. Une ombre, me faisant un signe avec le doigt. Et, si j'avais pu croire à ma vue affaiblie.

Sa forme eût rappelé la forme de TuUie.

— Bah! Tullie, appelant d'heureux songes, s'endort Dans les bras du sommeil et non pas de la mort. J'aurai prêté ses traits à quelque ombre bizarre.

— Mais enfin , quand ce sol vomirait le Ténare !

4S2 LUCRÈCE

Sibylles, maudissez! Mânes, rassemblez -vous! Je brave votre haine et vous domine tous.

A Salpice.

Viens. Je m'enorgueillis de la terreur promise. Les enfers opposés haussent mon entreprise.

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