ACTE CINQUIÈME. 4ri
Donne. — Soyez témoins, dieux protecteurs de Honie! De ce même poignard qu'on me perce le sein , Si je n'immole pas Texécrable assassin !
Regardant le corps de Likthc.*.
— Va. Tu seras vengée !
LUCRÉTIUS
Enfants, faites silence.
Car je veux mettre aussi mon poids dans la balance. ^e me dédaigneîs pas pour mes genoux tremblants : Je n'ai plus ma vigueur, mais j'ai mes cheveux blancs. Mon bras ne peut frapper, mais ma voix peut maudire.
— vous, dieux punisseurs, dieux du profond empire! S'il est vrai que de ceux qui sont chargés de jours Les imprécations ne vous trouvent pas sourds. Que l'assassin errant, promenant sa misère, Connaisse les rigueurs de la terre étrangère. Qu'il y cherche partout un secours impuissant. Et pleure autant de pleurs qu'il a versé de sang l
BRUTE
Il repreud lo poignard, et s'approche da corps de Lucrocf.
Ainsi soit apaisée , innocente victime ,
Ton ombre, par ces vœux, expiateurs du crime!
A Cûllatin et i Lucrétius.
Maintenant, fermons-lui les yeux avec les doigts. Et, comme c'est l'usage, appelons-la trois fois.
Lucrétius et Collatin s'approchent aussi du corps de Lm-r^crt.
— Entends -nous, ô Lucrèce!
LUCRKTIUS.
Lucrèce !
COLLATIX.
Lucrèce ! j
Tumulte au dehorî*. — Kontro Valère. j
VALERB, i Brute.
La foule est rassemblée ; elle est là qui se presse ; Elle aasiége le seuil; — que faut -il faire?
BRUTE
Viens.
— Que les portes lui soient ouvertes.
Brute et Valère écartent los tentures qui ferment le» porto.s <lii r«)nd de la chambre, et vont, daas la cour, ouvrir la p«>rl<* «lu (iohitrs à la foule. — Le peuple se précipite sur le th«'âtro.