ACTE PREMIER. 4I
LE MOINE
Je viens au sujet de la reine.
PHILIPPE
Alors expliquez - vous , moine; car la voici.
LE MOINE
Je ne vois pas la reine ; — elle n'est pas ici.
PHILIPPE
'<lomment!
LE MOINE
Souvenez -vous, ô roi Philippe -Auguste, De celle qui languit dans un exil injuste.
iLa reine, votre épouse, à qui Dieu vous a joint, •(i'est madame Ingelberge ; — ailleurs il n'en est point.
PHILIPPE
Âh! tu viens de sa part! — Eh quoil que me veut-elle? Tout est dit. Je suis las de sa plainte éternelle. Qu'elle parte ! qu'elle aille , en ses glaciers du Nord , Retrouver , loin de moi , l'hiver dont elle sort ! Qu'elle parte I et je mets , sur la nef qui l'emmène , Une dot qui vaut plus que le plus beau domaine. Mais qu'elle parte! — Val son nom m'est odieux.
AGNES
O Philippe , sois - lui miséricordieux !
Laisse les mots amers pour la pitié meilleure. Vprès t' avoir perdu , je comprends qu'elle pleure ; Elle est bien malheureuse. — Il faut, par la douceur, Tempérer des refus qui lui percent le cœur.
Philippe fait signe au moine de sortir LE MOINE.
Seigneur, vous ignorez mon sacré caractère.
— Vous voyez devant vous un légat du saint- père.
452 AGNÈS DE MÉRÂNIE.
PHILIPPE
Un légat du saint -père!
AGNÈS
Un légat !