‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 137 sur 223 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, DANTON-

DANTON

A madame Roland.

Bonjour, messieurs. — Bonjour, Roland. — Ou je m'abuse,

Madame, ou ma visite aurait besoin d'excuse;

Mais l'intérêt public fait ce rapprochement,

Et nous doit dispenser de tout vain compliment.

Madame Roland salue à peine , et se détourne. SIEYÈS.

Soyez le bienvenu I

ROLAND, froidement.

Quiconque nous apporte Un cœur droit et loyal peut franchir notre porte.

Moment de silence. — Sieyès fait signe aui girondins d'accueillir Danton.

«46 CHARLOTTE CORDÀY.

DANTON

Eh bien, messieurs! — Je vois ici quelque embarras; Je le comprends, du reste, et ne m'en ^lesse pas. Notre façon d'agir n'a pas élé la même.

— Il faut de la vigueur dans le péril extrême.

BARBAROUX

De la vigueur, Danton , et non pas des forfaits.

DANTON

Je ne renie aucun des actes que j'ai faits ;

Je les ferais encor, s'il était nécessaire,

Et vous ne trouveriez en moi qu'un adversaire.

Nous n'en sommes plus là. — Le canon de Valmy

A sauvé la patrie, et je viens en ami.

VERGNIAUD

Valmy, Danton?

DANTON

Valmy ! ville à jamais fameuse !

Dumouriez est vainqueur sur les bords de la Meuse.

TOUS

Bravo !

DANTON

La République est un robuste enfant , Messieurs ; elle est venue au monde en triomphant.

— Sous le feu des canons , nos jeunes volontaires Ont montré le sang-froid des plus vieux militaires; Puis à la baïonnette ils se sont élancés:

Les Prussiens ont fui. — Voilà ce que je sais.

TOUS

Bravo !

DANTON

Ce n'est pas tout, et Dumouriez me mande Que le désordre est grand dans Farinée allemande.

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