ACTE DEUXIÈME
Semblent nous transporter aux âges poétiques
Où les dieux se montraient aux voyageurs antiques.
Je demande, comme eux, si vous ne seriez pas
Quelque divinité descendue ici -bas,
Et si la Liberté, la déesse nouvelle,
N'aurait pas pris les traits d'une vierge mortelle,
Afin d'encourager ceux qui n'ont pas en vain
Brûlé le pur encens sur son autel divin!
CHARLOTTE
Mon Dieu, non. Je ne suis qu'une humble villageoise;
L'habit des dieux sied mal à ma taille bourgeoise.
Descendons, s'il vous plait, de l'Olympe. — D'ailleurs,
J'avais bien mérité vos compliments railleurs.
Une fille des champs, en tribune rustique,
Dictant aux députés leur devoir politique,
C'est un jeu puéril, digne de vos dédains.
Mais je hais les tyrans; j'aime les girondins;
J'avais compté sur eux pour sauver ma patrie
De ces excès sanglants dont sa gloire est flétrie.
Oui, dans nos jours mauvais, je n'espérais qu'en vous,
Grand Vergniaud! fier Louvet! généreux Barbaroux!
En vous tous, girondins, jeune et brillante armée,
Où la vertu trouvait sa garde accoutumée!
— Désespère, ô vertu! Couvre- toi d'un long deuil, Tribune aux orateurs, veuve de ton orgueil!
Longtemps , en appelant leur parole éloquente ,
On tournera les yeux vers leur place vacante ;
Mais qui donc oserait s'estimer assez haut
Pour s'asseoir sur le banc où s'asseyait Vergniaud!
— Ah ! perte irréparable! Ah! qui l'aurait pu croire, Que la Convention eût dévasté sa gloire!
— Que sont-ils devenus, ces illustres proscrits?
** CMAfcL'sTTE OlfrAT
J>* ta*. </«h^ lenwax**. mi tcsk» a Pari*:
H* '*w *'*Jn pc/orer fo* okh de b t hmAt V<*rt pat f*w <f un proc** a b f*» d* s*mle.
El *wt*tui. ne futart ni jo^w ni-fewrrtaai.
Parler «i 7#rw+« et mourir en héros.
tfwtr** vxit allé* iw «i la France recèle f/uetyoe orgueil dont en puisse exciter rétîiKefle, Si Je* département* se croiront incultes Par l'affront que Pari* lait à leurs députés. Et ^ révolteront contre une capitale Oui confisque leurs droite, d'une main si brutale; Ou s'il e*t entendu que Paris désormais Représentera seul tout le peuple français , Kt ni Ton souffrira que ces nouveaux despotes Suppriment la province et déchirent ses votes. Voilà ce qu'ils vont voir, madame. — En attendant, Fugitifs à travers les pays d'occident, Alarmés eu plein jour des rencontres fortuites, Comme des malfaiteurs qui craignent les poursuites. Perdus, la nuit, parmi de nouveaux horizons, Ils demandent leur route, ainsi que nous faisons; Heureux, si quelquefois une voix généreuse Vient enchanter aussi leur course aventureuse!
CH A RLOTTE.
Heureux qui, rencontrant ces nobles pèlerins, Pourrait de leur exil adoucir les chagrins!
• - Dites la vérité : vos amis, et vous-même, Vous êtes, citoyen, ces girondins que j'aime?
DARBAROUX.
Vous avez devancé l'aveu qu'on vous devait.