‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 171 sur 223 · VOIX DU DEHORS · texte numérisé non relu

VOIX DU DEHORS

Vivent les girondins !

Les girondins agitent leurs chapeaux.

CHARLOTTE, à l'écart des girondins.

Le drapeau se déploie.

• Amur! n'éclate pas de joie!

dehors.

leurs chapeaux. — Le refrain de te

DARBA ROUX , un peu en arrière des autres girondins.

Heureux jeunes soldat^!

Joyeux et confiants, ils marchent aux combats; Ils croient à la justice, et s'étonnent des crimes.

— Nous aussi , nous avions de ces élans sublimes.

Charlotte l'observe et l'écoute attentivement. BUZOT, à Barbaroux.

Pourquoi donc , Barbaroux , ces mots décourageants ? N'as-tu pas bon espoir, à voir ces jeunes gens?

On n'entend plus la Marseillaise que dans le lointain.

Dieu veuille qu'en ceci je sois mauvais prophète , Buzot; mais nous marchons, je crois, à la défaite. Quelle armée avons-nous? Un millier de Normands. Où sont les bras promis par les départements? Ils sont soixante et dix, qui font pour notre cause En paroles beaucoup, en œuvres peu de chose.

— Sieyès! prudent Sieyès! vous aviez bien raison. Ailleurs l' indifférence ! ici la trahison!

Il montre Wimpfen.

Tu vois ce général; crois-tu qu'il nous seconde? Il défend les Bourbons et non pas la gironde. Ainsi notre drapeau devient le rendez-vous Des vieux partis vaincus qui se servent de nous, Si bien qu'environné de périls, je redoute Pour nous une victoire autant qu'une déroute.

— Et voilà mon chagrin! Je vois, et j'en gémis, Combien la République a peu de vrais amis,

Et que des deux côtés on prétend la défendre,

1. Le général Wimpfen et les officiers, à gauche. — Les girondins au fond vers la gauche. — Les bourgeois au fond, vers la droite. — Barbaroux, Buzot et Charlotte, plus près de l'avant-scène.

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