‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 185 sur 223 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

LA JEUNE FEMME

Oui, nous vivons en famille.

J'assiste mon mari; je vois grandir ma fille.

CHARLOTTE

Vous n'avez donc pas peur?

LA JEUNE FEMME

Mais non. Que craignons-nous?

Notre destin obscur n'attire pas les coups; Et, d'ailleurs, mon mari, content dans son ménage, Ne hante pas les clubs et reste à son ouvrage.

CHARLOTTE, A elle-même.

11 est donc dans Paris, dans l'enfer déchaîné, Pouvant s'aimer en paix, un couple fortuné!

Bile se lève.

\h ! qui suit la nature est dans la bonne voie : (C'est là qu'est la sagesse, et c'est là qu'est la joie; Nous naissons pour aimer, et c'est notre mandat D'animer le foyer, non de venger l'État.

Portant la main sur sa poitrine , à l'endroit où elle a caché son couteau.

Dieu ! cet affreux acier me glace la poitrine.

Je te laisse au bourreau; va-t'en, lame assassine!

Elle jette le couteau sous un banc.

LA JEUNE FEMME, venant vers Charlotte, et tenant la petite fille par la main.

Les groupes menaçants deviennent plus nombreux ; 11 est temps de partir. — Quoi! vous allez contre eux!

CHARLOTTE

Je voudrais écouter ce qu'on dit.

LA JEUNE FEMME, la retenant.

Impossible !

Tout ce qu'on entend là, voyez-vous, est horrible. — Suivez-moi ; profitez de mon offre.

CHARLOTTE, affectueusement.

Merci.

Laissez-moi réfléchir. Venez demain ici.

La jeune femme incline la tête, en signe de consentement; elle sort, emmenant la petite fille, qui envoie un baiser i Charlotte.

CHARLOTTE, regardant la jeune femme qui sort.

Va: jouis d'un bonheur dont je me sens jalouse. Adieu, joyeuse mère! adieu, joyeuse épouse!

Bile va vers les groupe».

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