‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 28 sur 223 · BRI/TE · texte numérisé non relu

BRI/TE

Plus tard sera vengé.

80 LUCRÈCE

VALÈRE

Tes affronts...

BRUTE

Je suis fait au rôle d'outragé.

Et tous nos partisans dont j'excitai le zèle, Gomment de ce retard prendront-ils la nouvelle? Que leur dirai -je, alors qu'ils me demanderont Pourquoi mon bras est lent, quand mon langage est prompt?

BRUTE

Tu leur diras : C'est peu de songer à détruire ,

Si Ton ne songe encor comme on veut reconstruire ;

Et le ressentiment n'opère qu'à demi,

S'il ne sert une cause en frappant l'ennemi.

Or, les Tarquins chassés, qui mettra-t-on en place?

Sera-ce le sénat, ou bien la populace?

Ou, si l'on veut tenter l'essai d'un autre roi,

Quel sera cet élu?

VALÈRE

Brute, ce sera toi.

BRUTE

Une autre ambition que celle-là me guide :

Je veux le bien de Rome, et je le veux solide. Connais mieux mes projets. Jusqu'ici, l'entretien Roula sur la vengeance et le choix du moyen ; Il est temps aujourd'hui que chacun de nous sache , Par delà les combats, quelle sera sa tache.

| — Valère, si mon vœu doit prévaloir, ni moi,

[Si personne jamais ne se nommera roi.

Tarquin fut un tyran; un autre pourrait l'être. Rome, telle qu'elle est, n'a plus besoin d'un maître. Quand, faible et menacée, il fallait qu'au début

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