‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 63 sur 223 · ACTE CINQUIÈME. m · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME. m

Donne. — Soyez témoins, dieux protecteurs de Rome! De ce même poignard qu'on me perce le sein , Si je n'immole pas l'exécrable assassin !

Regardant le corps de Lucrèce.

— Va. Tu seras vengée !

LUCRÉTIUS

Enfants, faites silence, Car je veux mettre aussi mon poids dans la balance. Ne me dédaignez pas pour mes genoux tremblants; Je n'ai plus ma vigueur, mais j'ai mes cheveux blancs. Mon bras ne peut frapper , mais ma voix peut maudire.

— vous, dieux punisseurs, dieux du profond empire! S'il est vrai que de ceux qui sont chargés de jours

Les imprécations ne vous trouvent pas sourds, Que l'assassin errant , promenant sa misère , Connaisse les rigueurs de la terre étrangère, Qu'il y cherche partout un secours impuissant, Et pleure autant de pleurs qu'il a versé de sang!

BRUTE

Il reprend le poignard, et s'approche du corps de Lucrèce.

Ainsi soit apaisée , innocente victime ,

Ton ombre, par ces vœux, expiateurs du crime!

A Collatin et à Lucrétius.

Maintenant, fermons-lui les yeux avec les doigts, Et, comme c'est l'usage, appelons -la trois fois.

Lucrétius et Collatin s'approchent aussi du corps de Lucrèce.

— Entends -nous, ô Lucrèce!

LUCRÉTIUS

Lucrèce!

COLLATIN

Lucrèce!

Tumulte au dehors. — Rentie Valère.

430 LUCRÈCE

VALÈRE, à Brute.

La foule est rassemblée ; elle est là qui se presse ; Elle assiège le seuil; — que faut- il faire?

BRUTE

Viens.

— Que les portes lui soient ouvertes.

Brute et Valère écartent les tentures qui ferment les portes du Tond de la chambre, et vont, dans la cour, ouvrir la porte du dehors à la foule. — Le peuple se précipite sur le théâtre.

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