‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 4)Chapitre 15 sur 112 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

C'était l'âge des chansons folles; Mais pour les austères paroles J'oubliai les folles chansons.

Bientôt, saisissant mon domaine, Je contemplai l'histoire humaine.

Et j'en méditai les leçons.

Quand, voyageuse opiniâtre.

J'eus parcouru le monde ancien.

Je descendis sur le théâtre.

Devant le peuple athénien.

Je mis sous les yeux de la foule

L'événement qui se déroule

De la cause jusqu'à l'effet;

Je fis voir, dans mes chants sévères.

Aux fils ce qu'avaient fait leurs pères.

Et ce qu'eux-mêmes avaient fait.

0 Athènes! ô ma patrie!

Ton nom sera toujours chanté.

Ton lait vigoureux m'a nourrie; Je paye en immortalité.

Laissons l' inglorieux satrape, Dont le nom ignoré m'échappe, S'endormir dans la pourpre et l'or.

Malheur à qui craint la lumière! L'Asie est morte tout entière ; — Terre des arts, tu vis encor.

Elle s'avance vers le public.

Et vous qui vous nommez les héritiers d'Athène, Français, n'oserez-vous me voir sur votre scène?

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