SCÈNE IV
Le salon de madame de Bretteville.
MADAME DE BRETTEVILLE, puis CHARLOTTE.
Charlotte descend de sa chambre, et entre dans le salon; elle va vers madame de Bretteville, qui pleure accoudée sur une table ;
elle s'agenouille devant sa tante.
CHARLOTTE, agenouillée.
•Je suis prête à partir. — Bénissez-moi, ma mère!
MADAME DE BRETTEVILLE
Je te bénis, enfant que me laissa mon frère;
iOs i;il A lU-OTlh: COHDAV.
Je te J)éiiis, ma lille a(lo[)tive. Que Dieu T'assiste, mou eufaut, et te .suive en tout lieu! Tu fus l)ouu(! et soigneuse envers ta vieille aïeule; Sans toi, j'aurais langui, triste, malade et seule. Connue ceux qui sont vieux, je murmurais souvent: Tu vivais sous mon toit comme dans un couvent, Et mes goûts réguliers, (|u'un bruit joyeux alarme, Povn- ta vive jeunesse avaient bien peu de cliai-me : Mais un signe jamais n'a trahi ton ennui ; Tu m'offrais doucement ton patient appui , Kt, comme dans l'hiver un rayon de lumière, Ta gaîté rayonnait dans ma froide chaumière. — Que Dieu te récompense !
CHARLOTTE , à part.
Ah! je n'y puis tenir.
EUo se relève.
Pardoimez-moi!
.AIADAME [)E R U ETTE V I LI.E.
Pourquoi? .le ne dois que bénir.
CHARLOTTE
Vos bontés me font mal. .Je n'ai pas su paraître AITectueuse et tendre autant ([u'il fallait l'être. Ah! l'on comprend trop tard qu'on n'aimait pas assez. Si nous étions encore aux jours qui sont passés , De combien de respect, de soins et de tendre.sse .Je voudrais entourer votre sainte vieillesse ! Pardonnez-moi !