PROLOGUE
Effleurent de leurs ailes Les nénufars flottants.
De mon pied sans cothurne Agitant les ruisseaux , J'écouterai mon urne Où murmurent les eaux.
Au bruit de Teau sonore Tombant de mon amphore, Mes deux yeux vont se clore Sur un lit de roseaux.
DEMI-CHOEUR
Moi , dans la grotte sombre Interdite au soleil, Je m'en vais chercher l'ombre Et non pas le sommeil ; Je manlrai l'aiguille; Il faut que je m'habille D'un voile blanc qui brille, A la neige pareil.
Notre fôle est prochaîne.
Et ce n'est pas en vain Que je tisse la laine De ce voile divin ; Car je veux apparaître Belle, autant qu'on peut l'ôtre, Dans la ronde champêtre Où sera le Sylvain.
LE CHOEUR
Le soleil monte, et brûle Le sable au bord des mers; L'ardente canicule Flétrit les gazons verts ; Fuyons, ô ma compagne, La chaleur qui nous gagne, Au pied de la montagne , Ou dans les ruisseaux clairs.
62 ULYSSE