‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 138 sur 234 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SIMONNET, riant.

Bon ! tout s'explique.

UN AGENT DE CHANGE, riant aussi.

Voilà de nos censeurs; chacun en fait autant, Et flétrit Tagio, tout en agiotant.

SIMONNET

Nous pouvons bien, pardieu! dire à la France entière : <( Si Tun de vous est pur, qu'il nous jette la pierre! »

l'agent de CHANGE.

Oui, qui n'a pas joué? Moi, je n'en sais aucun.

rené.

Ni moi.

SIMONNET

iNi moi.

REYNOI.D, assis, dopuis quelques minutes, auprès do la table, oh il feuilletait des albums et écoutait la conversation , sans •lire un mot, — se lovant.

Pardon, messieurs; j'en sais plus d'un :

l]n, entre autres, qui gagne honnêtement sa vie, Et , satisfait de peu , ne connaît pas l'envie ; Qui tient que le travail est la première loi , Et que le premier bien est l'estime de soi.

Il ne fermerait pas sa porte à la richesse , Mais n'en voudrait jamais au prix d'une bassesse ; Il regarde avant tout, chez celui qui l'acquiert, Comment il l'a gagnée et comment il s'en sert ; Et pour clore d'un mot cet éternel chapitre : L'argent est un bonheur, mais ce n'est pas un titre.

A Simonnot.

Vous ne le verrez pas, parmi vos suppliants, Assiéger votre seuil , encombré de clients :

Non. La Bourse, à ses yeux, est un gouffre où l'on puise

L'ardente soif de Tor et l'âpre convoitise ,

Mais où l'on engloutit le paisible bonheur,

Le talent, la fortune, et quelquefois l'honneur;

Et rien ne vaut pour lui cette fierté sereine

Que donne un léger gain, après un jour de peine.

Lélio lui serre la main. — Simonnet le toise de haut en bas, et s'éloigne sans lui répondre.

LÉON, ^ui a beaucoup regardé Roynold, Tivement i Delatour.

Mais c'est Reynold !

DELATOUR

Ancien lieutenant de spahis.

LKON.

Je le connais.

DELATOUR

Sans doute; il est de nos pays.

Oh ! je l'ai reconnu , malgré sa longue absence.

— C'est son cousin !

DELATOUR

Eh bien , renouez connaissance.

— Viens avec moi.

Delatour les présente l'un à l'autre.

LEON, à Reynold.

Monsieur, je suis vraiment ravi...

REYNOLD

Croyez, de mon côté, que...

DUBOIS, ouvrant les port3s do la salle à manger.

Monsieur est servi.

On se range p^ur faire place à Simonnet, qui entre le premier dans la salle à manger; les autres convives passant ensuite., pen laut que Léon cause avec Reynold.

L'appartement de Léon, à Paris, dans un bûtel garni.

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