L INGENIEUR
Oui, je réponds des appuis.
REYNOLD
Demain , nous descendrons ensemble dans le puits. Lorsque la vie humaine est Tenjeu qu'on hasarde, Vous comprenez , monsieur, qu'il y faut prendre garde. Songez que, l'autre jour, ces débris meurtrière Ont enterré vivants dix braves ouvriers.
l'ingénieur.
C'est le travail caché de l'eau dans les fissures Qui disjoint le terrain et trompe nos mesures.
REYNOLD
Quelle mort!... mais aucun n'a péri. Dieu merci! Grâce à mon contre-maître.
l'ingénieur.
Et grâce à vous, aussi, Qui, sans crainte des blocs tremblants sur votre tête, Jusqu'au dernier sauvé, n'avez pas fait retraite.
REYNOLD
C'était mon poste; tous en auraient fait autant; Mais, si quelqu'un mérite un hommage éclatant. C'est celui qui donna le premier coup de pioche, Quand les éboulements interdisaient l'approche. — Il fut blessé; l'étrange est qu'il n'ait pas péri.
A un employé.
Comment va le malade?
l'employé.
Il est presque guéri.
REYNOLD, i l'ingénieur.
C'est la seule personne à qui je porte envie : A dix hommes, monsieur, il a sauvé la vie.