‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 183 sur 234 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Je (lis je ne sais quoi; je vais je ne sais où.

— Tenez , monsieur, tenez : je ne puis méconnaître , Si je suis honoré, que je vous dois de l'être ;

Ma vie eût eu sans vous un dénoûment honteux ; Vous avez affermi mes repentirs douteux , Enseigné la vigueur à ma main énervée.

Et la mâle constance à mon âme sauvée ; J'ai reconquis chez vous mon estime d'abord.

Puis l'estime de tous, qui rend l'homme plus fort; J'ai goûté la fatigue, et la paix, sa compagne, Et la saveur du pain que soi-même l'on gagne ; Je sais cela; c'est moi qui me suis enlevé Tous mes droits au bonheur qui vous est réservé; Vous en êtes fort digne ; en toute cette affaire , Je sais que je n'ai pas un reproche à vous faire ; Je le sais, je le sais; — et pourtant je ne puis Contraindre les transports de la rage où je suis.

— cruelle existence! — nobles funérailles!

Si la mine eût sur moi refermé ses entrailles ! Vous me complimentiez bien à tort; je n'ai pas L'honneur du dévoûment; je cherchais le trépas. La mort m'a rejeté ; le ciel inexorable

M'a même refusé cette tombe honorable.

Vivement, après un silence.

— Rendez-moi, s'il vous plaît, le service imploré.

REYNOLD

A l'un de mes amis je vous adresserai ; Il dirige une mine , et ma lettre pressante Près de lui, j'en réponds, sera toute-puissante.

LÉON

Merci.

RBYNOLD.

Vous reviendrez la chercher.

Léon sort. — Reynold éerit.

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